Bénis soient les enfants et les bêtes

41OKaE8JOiL._SX331_BO1,204,203,200_Résumé : Ils sont six adolescents à s’être rencontrés dans ce camp de vacances en plein cœur de l’Arizona. Leurs riches parents ne savaient pas quoi faire d’eux cet été-là, et ils ont décidé d’endurcir leurs rejetons en les envoyant au grand air pour qu’ils deviennent de “vrais cow-boys”. Au sein du camp, ces enfants se sont trouvés, unis par le fait que personne ne voulait rien avoir à faire avec eux. Cette nuit-là, alors que tout le monde est endormi, ils ont une mission à accomplir, un acte de bravoure qui prouvera au monde entier qu’ils valent quelque chose. Et ils iront jusqu’au bout de leur projet, quel que soit le prix à payer.

Avis : C’est indéniable, Glendon Swarthout sait raconter des histoires. Celle-ci est à la fois belle, folle, étrange et terriblement douloureuse, un peu à l’image de ce que peut être l’amère et jubilatoire adolescence. Ce récit m’a pris aux tripes, et les dernières pages m’ont littéralement chamboulée… S’il n’y avait pas eu ces indices qui divulguent un peu trop rapidement à mon goût l’essence de l’intrigue, ç’aurait vraiment pu être un coup de cœur.

4,5/5

Extrait : « Ils frissonnèrent. L’air s’était rafraîchi et la sueur provoquée par la danse séchait sur leur peau. C’était cette dernière heure floue entre le jour et la nuit, celle où les hommes approchent de la vérité et perdent leurs illusions. »

« Bénis soient les enfants et les bêtes » – Glendon Swarthout

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Le jardin des secrets

51VIWlIvX0L._SX295_BO1,204,203,200_Résumé : 1913. Sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…

Avis : La découverte plutôt inattendue de l’univers de Kate Morton m’a poussée à lire plusieurs de ses titres, histoire de confirmer cette agréable surprise. Ici, nous retrouvons donc tous les éléments qui font le charme de cette auteure (histoires de famille, voyage entre les époques, poids des secrets…), mais hélas, cette fois-ci je n’ai retrouvé ni suspense, ni grand intérêt pour les personnages et leur progression au cours du récit… Histoire sans relief, bourrée de clichés, pas vraiment bien écrite, bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette lecture a été fastidieuse ! Si bien que le livre m’est tombé des mains un peu avant la moitié… Je n’en connaitrais donc jamais la fin, mais ça ne me pose pas vraiment de souci. Néanmoins, je retenterai ma chance avec « Les heures lointaines », sait-on jamais.

2/5

Extrait : « Ce fut plus fort qu’elle. Elle se pelotonna sur le lit de camp et lut. L’endroit – frais, calme, secret – était idéal. Cassandra se cachait toujours pour lire, sans savoir pourquoi d’ailleurs. Comme si malgré elle, elle se sentait vaguement coupable de paresse; comme si c’était mal de s’abandonner à une activité aussi délicieuse.
Pourtant elle s’y laissa aller, tomba de son plein gré dans le terrier du lapin, comme dans « Alice », pour déboucher dans un conte plein de mystère et de magie où il était question d’une princesse qui vivait avec une vieille femme aveugle dans une chaumière à la lisière d’une sombre forêt. »

« Le jardin des secrets » – Kate Morton

Dictionnaire de lithothérapie du voyageur

517SyzJml4L._SX270_BO1,204,203,200_Résumé : Après la version exhaustive et luxueuse du « Dictionnaire de la lithothérapie » voici ENFIN l’indispensable version du voyageur pour aller visiter magasins ou bourses aux minéraux avec toutes les connaissances de base essentielles. Adapté au globetrotteur, il vous donne : Le guide d’achat ; Les photographies (au naturel, polie, facettée) et les propriétés de plus de 300 pierres ; Les pierres par chakra ; Les pierres par signe astrologique ; Les noces minérales. Un ouvrage destiné à ceux qui veulent garder sous la main les principales informations du « Dictionnaire de la lithothérapie » lors de leurs déplacements ou à toute personne qui souhaite connaître les propriétés des principales pierres sans avoir recours à un ouvrage plus lourd. Le savoir reconnu d’un des meilleurs spécialistes, les illustrations des pierres, le tout à emporter…

Avis : Bon ouvrage d’introduction à la lithothérapie, dictionnaire complet, idéal pour le débutant, mais les quelques remarques personnelles de l’auteur, son côté ésotérique, ainsi que la publicité répétée pour sa boutique en ligne m’ont un peu dérangée.

3/5

« Dictionnaire de lithothérapie du voyageur » – Reynald Georges Boschiero

Le cœur sauvage

51VhHjNGJML._SX338_BO1,204,203,200_Résumé :  » Je ne veux pas descendre à la rivière avec ma mère. Et pas non plus vivre à seize ans dans ce no man’s land aux forêts mi-résineuses mi-caduques du Nord-Est américain où nous sommes nées toutes les deux : soixante-cinq kilomètres carrés de routes et de rivières qui se croisent à angle droit, d’exploitations agricoles en faillite et de crêtes rocheuses. Peuplés de fantômes, d’animaux et de femmes seules.  » Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles, les personnages de ces nouvelles vivent à la frontière de la civilisation et du monde sauvage, dans des endroits reculés du Vermont. Tous cherchent à donner un sens à leur solitude et à leurs rêves, au cœur d’une nature à laquelle ils sont, souvent malgré eux, viscéralement liés. L’eau noire et glacée des lacs, l’odeur des champs en juin, la senteur de la résine, les forêts à perte de vue…

Avis : J’aime beaucoup lire des nouvelles. Mais hélas, rares sont les écrivains qui parviennent à maîtriser le genre. Et celui-ci ne fait malheureusement pas exception. Pourtant, le résumé me laissait penser que ce livre avait tout pour me plaire : l’Amérique profonde, des personnages atypiques, l’omniprésence des paysages, des morceaux de vie… Certaines nouvelles ont réussi à m’embarquer, mais je dois avouer que dans l’ensemble, elles m’ont plutôt laissé de marbre (la plupart du temps parce que je restais sur ma faim). Il ne s’agit donc pas un mauvais livre, mais j’y suis restée relativement hermétique…

3/5

Extrait : « -Il y a deux mondes auxquels je n’appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs. »
Il a souri, cligné des yeux, totalement perplexe. »

« Le cœur sauvage » – Robin MacArthur

Imaginer la pluie

41eN5Wp2drL._SX261_BO1,204,203,200_Résumé : Il n’a jamais connu que les dunes et le désert, et pour toute compagnie sa mère qui lui raconte un monde détruit par la folie des hommes. Ici point de rose à soigner, point de renard ou d’astéroïde à chérir. La nostalgie n’a pas cours, seul compte ce qui autorise la survie : un appentis pour s’abriter des tempêtes de sable ; quelques palmiers et un puits ; beaucoup de lézards, et de rares légumes. Consciente que son petit prince devra un jour désirer autre chose, la mère fait de lui le dépositaire de ses souvenirs. Elle lui représente ce qui composait l’existence d’avant : le goût du café fumant, l’arôme des fleurs, la rosée du matin sur les fougères, les notes d’un piano, mais aussi la haine, la cupidité et la guerre. Elle sait qu’un jour il faudra partir, s’arracher à ce lieu familier mais précaire. A la mort de sa mère, terrassé par le silence, le garçon entreprend un long voyage pour revenir vers les hommes. 

Avis : On a frôlé le coup de cœur ! Parce que les mots sont beaux, parce que la naïveté de Ionah m’a bouleversée, parce que la nécessaire âpreté de la mère m’a percutée, parce que je n’ai jamais lu d’histoire semblable, parce que ce voyage, cette fable philosophique riche d’enseignements et de réflexions me suit encore aujourd’hui. Seules quelques petites longueurs et autres facilités m’ont un peu « dérangée », mais ce n’est rien à coté de la beauté et de la force du récit.

5/5

Extrait : « – Si j’avais quelque chose, je te le donnerais.
– Tu m’as donné ce que personne n’a jamais pu me donner, Ionah. Tu m’as donné une perspective. Tu m’as sauvé du désert et tu m’as donné tout le temps du monde pour penser à ce que j’ai fait et à ce que je veux faire. C’est plus que ce que possèdent la plupart des gens, tu peux me croire. Tu m’as aidé à réduire ma vie à l’essentiel. »

« Imaginer la pluie » – Santiago Pajares

Quand sort la recluse

41sMUf-KdrL._SX323_BO1,204,203,200_Résumé : « – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ? »

Avis : Quel bonheur de retrouver enfin la Fred Vargas des débuts, celle qui a su faire d’Adamsberg un personnage phare dans la littérature policière (et accessoirement, l’un de mes personnages masculins préférés, tous genres confondus), celle dont j’achetais chacun des titres les yeux fermés, celle qui maniait avec brio la plume pour nous servir des enquêtes intelligentes menées par une équipe terriblement loufoque mais bougrement attendrissante ! J’avoue que les derniers volets ne m’avaient pas vraiment convaincue, voire même parfois franchement déçue; je n’attendais donc pas grand chose de celui-ci. Mais quelle agréable surprise, et même si ce titre n’est pas exempt de défauts, sa lecture a été très plaisante !

4/5

Extrait : « – J’ai perdu mon portable à Grimsey.
– Où cela ?
– Dans des excréments où une brebis l’a enfoncé d’un coup de patte.
– Et vous n’avez pas tenté de l’extraire jusqu’à épuisement ?
– Ne mésestimez pas la puissance d’un sabot de brebis, Retancourt. Il devait être brisé.
– En attendant vous êtes sans téléphone ?
– J’ai pris celui du chat. Enfin, celui qui est posé sur la photocopieuse à côté de lui. Celui qui dysfonctionne. Je crois qu’un jour le chat lui a pissé dessus. Je crois que mes portables sont voués à un destin excrétal. Je ne sais pas comment je dois le prendre. »

« Quand sort la recluse » – Fred Vargas

Calpurnia Tate, tome 2 : Calpurnia et Travis

61BeB-Tx93L._SX336_BO1,204,203,200_Résumé : A douze ans, le monde de Calpurnia Tate ne dépasse pas les limites du comté de Caldwell. Mais, pour qui sait regarder avec étonnement et curiosité, il y a là mille choses à découvrir. Son frère Travis rapporte à la maison un tatou, des geais bleus et un coyote, toutes sortes d’animaux sauvages qu’il veut apprivoiser en cachette. Et son grand-père initie Calpurnia aux mystères des sciences naturelles. La famille de Calpurnia accueille sa cousine Aggie, et, surtout, un vétérinaire vient s’installer près de chez eux. Pour Calpurnia, c’est l’occasion rêvée de donner enfin corps à ses ambitions…

Avis : Après un premier tome pétillant, drôle et très instructif, il me tardait de retrouver l’espiègle Calpurnia Tate dans de nouvelles aventures. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue, même si le ton m’a cette fois-ci paru plus dur, plus incisif, et Calpurnia, un  peu moins sympathique. J’ai néanmoins passé un agréable moment de lecture.

4/5

Extrait : « A ma grande stupéfaction, ce fut le jour de l’An 1900 que je vis tomber la neige pour la première fois. La belle affaire, me direz-vous, mais, dans le centre du Texas, c’est un événement rarissime. La veille au soir, j’avais justement pris la résolution de voir la neige au moins une fois avant de mourir, mais sans trop y croire. Et voilà que quelques heures plus tard mon voeu improbable était exaucé : la neige avait transformé notre ville bien ordinaire en un paysage d’une beauté féerique. À l’aube, vêtue seulement de ma robe de chambre et de mes pantoufles, je m’étais précipitée dans les bois enveloppés d’un silence ouaté pour admirer le fin manteau de neige, le ciel couleur d’étain et les arbres drapés d’argent, jusqu’à ce que le froid m’oblige à regagner la maison. De plus, emportée par l’effervescence, la fièvre, la solennité avec laquelle on saluait cet événement je m’imaginais que ce nouveau siècle allait m’apporter un merveilleux avenir et une treizième année magique. »

« Calpurnia et Travis » – Jacqueline Kelly