L’assassin royal, tome 3 : La nef du crépuscule

4194zPtGLbL._SX307_BO1,204,203,200_Résumé : Ravagé, pillé, le royaume des Six-Duchés plie sous le joug de l’envahisseur. Les navires de guerre ne parviennent plus à tenir les Pirates rouges en respect. Dans le pays, les dissensions éclatent entre les duchés côtiers, qui doivent supporter les incessantes attaques de l’ennemi, et les duchés intérieurs qui se désintéressent de leur sort. La cour elle-même, où le vieux souverain est manipulé par Royal, n’est plus qu’un théâtre d’intrigues où règnent en maîtres le soupçon, la traîtrise et le mensonge. Aussi le prince Vérité décide-t-il d’entreprendre une quête insensée : aller trouver les Anciens, par-delà les montagnes, pour leur rappeler leur serment de venir en aide au royaume dans ses heures les plus sombres…

Avis : A ce jour, c’est clairement le tome que je préfère (hum… disons que je suis un tout petit peu en retard dans mes chroniques, et à l’heure où j’écris ces lignes, j’en suis déjà au tome 5…) Lors de cette lecture, j’ai souvent été subjuguée par la beauté et la poésie du texte, et même si l’on retrouve ici encore quelques longueurs, ainsi qu’un titre qui nous laisse un peu sur notre faim, je me suis vraiment régalée avec cet opus (la présence accrue d’Oeil-de-Nuit y étant probablement pour quelque chose…) !

4,5/5

Extrait : « Pourtant, aujourd’hui encore, quand la douleur se fait trop présente et qu’aucun simple ne parvient à l’apaiser, quand je regarde le corps qui enferme mon esprit, je me rappelle mes jours de Loup; pour moi ils ne durèrent pas quelques journées mais toute une saison de vie.
Leur souvenir me réconforte et me tente aussi. Viens, viens chasser avec moi, souffle une voix dans mon cœur, dépouille-toi de ta souffrance, que ta vie soit tienne à nouveau, il est un lieu où tout temps est maintenant, où les choix sont simples et ne sont jamais ceux d’un autre.
Les Loups n’ont pas de roi. »

« L’assassin royal, tome 3 : La nef du crépuscule » – Robin Hobb

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Miniaturiste

51w2CkPQL5L._SX302_BO1,204,203,200_Résumé : Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets…

Avis : Longtemps j’ai repoussé la lecture de ce roman, les avis de mon entourage à son propos étant assez mitigés. Pourtant, j’ai de suite été happée par la plume de Jessie Burton, par son habileté à recréer l’atmosphère du vieil Amsterdam, par la profondeur et la complexité des personnages, et surtout, par cette étrange histoire, dont il me reste encore aujourd’hui des images très nettes, un peu à la manière de peintures flamandes. Seules quelques longueurs et autres petites maladresses m’ont parfois fait décrocher.

4,5/5

Extrait : « – Le monde émerveille ma fille, mais elle fait trop souvent fi de la manière dont il se présente à elle. Elle a toujours dit qu’il y avait quelque chose au-delà de ce qu’elle pouvait atteindre. Elle appelait ça « la fugue éternelle ». Si seulement elle s’était contentée des horloges ! Non. Petronella a toujours désiré vivre hors des frontières du temps mesurable. Toujours en marge, toujours curieuse. Elle se moquait des gens qui s’accrochaient à ces mesures du temps, qui aspiraient à ce que tout soit en ordre. Mon travail était trop restrictif pour elle, mais les créations qu’elle assemblait dans mon atelier ne se vendaient pas. Je dois admettre qu’elles étaient… extraordinaires, mais j’avais honte de mettre mon nom dessus et de les vendre comme miennes.
– Pourquoi ?
– Parce qu’elles ne donnaient pas l’heure ! sourit-il. Elles mesuraient autre chose, des choses dont les gens ne voulaient pas se souvenir. La mortalité, un cœur brisé, l’ignorance, la folie. A la place des chiffres, elle peignait les visages des clients et leur envoyait des messages qui jaillissaient de l’horloge chaque fois que la petite aiguille atteignait le 12. J’ai dû la supplier d’arrêter. Elle m’expliquait qu’elle était capable de lire dans leur âme, dans leur temps intérieur, qui n’avait aucun rapport avec les heures et les minutes. C’était comme tenter de dresser un chat. »

« Miniaturiste » – Jessie Burton

Manuel de lithothérapie

41KoBcooALL._SX323_BO1,204,203,200_Résumé : Pour la première fois, la lithothérapie est présentée comme une méthode de guérison à part entière. La première partie du livre expose les principes de base qui donnent, une fois qu’ils ont été compris, la clé avec laquelle chacun peut ensuite travailler sur les effets thérapeutiques de chaque pierre. La deuxième partie de l’ouvrage présente les pierres une à une, avec des explications détaillées et de très belles illustrations en couleurs. Les informations transmises ne se basent pas sur des sensations subjectives ou des découvertes isolées mais sont toutes le fruit d’un travail de recherche systématique et décrivent uniquement des effets reproductibles. Les descriptions des pierres sont cohérentes, pertinentes et toutes fondées sur leurs propriétés minéralogiques. Les effets des pierres sont décrits sur quatre plans : spirituel, psychique, mental et physique. L’auteur rappelle par ailleurs l’utilisation traditionnelle de chaque pierre et en indique les meilleures applications. Déjà connu par ses nombreuses conférences et formations, Michael Gienger présente ici d’une manière convaincante les fondements de la lithothérapie en expliquant, par une méthode scientifique rigoureuse, pourquoi les minéraux sont capables de guérir.

Avis : Pour celles et ceux qui s’intéressent à la lithothérapie, voici une approche plus scientifique que ce que l’on trouve habituellement dans ce domaine (l’ésotérisme y est souvent de mise). Ce qui en fait un ouvrage extrêmement riche, instructif et passionnant. Moi qui ne suis pas franchement ce que l’on pourrait appeler un « esprit scientifique », j’ai été captivée et ai appris énormément de choses.

5/5

« Manuel de lithothérapie » – Michael Gienger

Agatha Raisin enquête, tome 1 : La quiche fatale

51TXlwfH7OL._SX338_BO1,204,203,200_Résumé : Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin. Agatha Raisin, c’est une Miss Marple d’aujourd’hui. Une quinqua qui n’a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

Avis : Parfois, j’ai envie de lire des histoires sympathiques, drôles et légères. La couverture de ce livre, ainsi que son résumé en faisait une lecture parfaitement indiquée pour ce genre de situation; sans parler du facteur « petit village anglais » qui ne me laissait pas indifférente. Hélas, j’ai rapidement déchanté : une Agatha Raisin particulièrement imbuvable et condescendante, une intrigue fade, des personnages sans grand intérêt, des situations invraisemblables, un humour qui m’a laissée de marbre… Bref, je me contenterai de ce premier opus de la série, la suite ne me disant rien qui vaille.

2/5

Extrait : « En outre, bien que posséder une certaine dose de charme représente un atout dans le domaine des relations publiques, Agatha en était totalement dépourvue. Elle parvenait à ses fins en incarnant à elle seule les deux personnages du numéro « gentil flic-méchant flic », usant tantôt d’intimidation, tantôt de cajoleries avec ses interlocuteurs. Les journalistes n’accordaient souvent de la place à ses clients dans leurs colonnes que pour se débarrasser d’elle. »

« Agatha Raisin enquête, tome 1 : La quiche fatale » – M.C. Beaton

L’assassin royal, tome 2 : L’assassin du roi

41dF6VglHSL._SX307_BO1,204,203,200_Résumé : Fitz, le bâtard royal, a survécu à sa première mission meurtrière, mais son contact avec la mort lui a laissé d’inaltérables séquelles. Revenu à Castelcerf, il retrouve celle qu’il a aimée, mais ne peut lui déclarer sa flamme sous peine de la condamner irrémédiablement. Car autour de lui, la Cour fourmille d’intrigue, les menaces se resserrent, la mort rôde. Il a pourtant quelques alliés dans la place : un prince qui lui fait découvrir les mystères d’une magie toute puissante, un maître assassin qui lui veut malgré tout du bien, et un loup, avec qui il partage lien étrange et périlleux…

Avis : Finalement, je me suis lancée dans la lecture du deuxième tome (cf. « L’assassin royal, tome 1 »)… et grand bien m’en a pris ! Ici, on entre enfin dans le vif du sujet (sans mauvais jeu de mots), et c’est avec un plaisir non feint que j’ai retrouvé cet univers riche et crédible, dans lequel évoluent des personnages de plus en plus aboutis. On y retrouve, malgré tout, quelques petits défauts du premier opus (notamment, quelques longueurs), mais rien de bien méchant !

4/5

Extrait : « La nuit, je courais comme un loup.
La première fois, je crus que je faisais un rêve particulièrement réaliste : la vaste étendue de neige blanche que l’ombre des arbres maculait d’encre noire, les odeurs fugitives transportées par le vent, la joie ridicule de bondir et de fouir derrière les musaraignes qui s’aventuraient hors de leurs terriers d’hiver… Je me réveillai l’esprit clair et de bonne humeur.
Mais la nuit suivante, je fis un rêve tout aussi réaliste. Je compris alors que, lorsque j’isolais mon Art pour ne pas émettre inconsciemment et, par là, que je m’empêchais de rêver de Molly, je m’ouvrais tout grand aux pensées nocturnes du loup. Là se trouvait tout un royaume dans lequel Vérité ni aucun artiseur ne pouvait me suivre. C’était un monde où n’existaient ni intrigues de cour, ni complots, ni soucis, ni projets. Mon loup vivait dans le présent. Son esprit était vide des accumulations de détails des souvenirs. D’un jour à l’autre, il ne conservait que l’indispensable à sa survie. Il ne se rappelait pas combien de musaraignes il avait tuées deux jours plus tôt, mais il gardait en mémoire des éléments plus généraux, tels que les sentes que préféraient les lapins ou les endroits où le ruisseau coulait assez vite pour ne jamais geler. »

« L’assassin royal, tome 2 : L’assassin du roi » – Robin Hobb

The sun is also a star

51qRo2wvv4L._SX308_BO1,204,203,200_Résumé : Daniel, 18 ans, est fils de Coréens immigrés à New York. L’année prochaine, il intègrera certainement la prestigieuse université d’Harvard. Natasha, 17 ans, est arrivée de la Jamaïque dix ans auparavant. Ce soir, elle quittera peut-être les États-Unis pour toujours. Il croit à la poésie et à l’amour. Elle croit à la science et aux faits explicables. Ils ont 12 heures pour se rencontrer, se connaître, et s’aimer. Au-delà des différences.

Avis : Il est tout bonnement impossible d’éviter les comparaisons entre un premier titre que l’on a adoré (« Everything everything ») et le suivant, celui que l’on ouvre fébrilement, en croisant bien fort les doigts pour ne pas être déçu. Malheureusement, il est ici question de (petite) déception. Parce que je n’ai pas retrouvé cette fraîcheur, cette inventivité, cette justesse qui m’avaient charmée dans le premier livre de Nicola Yoon. Néanmoins, la romance est belle, certains thèmes abordés sont nécessaires et terriblement d’actualité; mais il m’a manqué l’étincelle qui fait s’embraser le récit (et le cœur).

3/5

Extrait : « Lorsque j’ai fini de lister toutes les choses qui étaient atroces, je me remets à rire. Au bout de quelques secondes, il sourit enfin, et j’en suis ravie.
– Je suis content que tu trouves ça drôle.
– Allez ! La tragédie, c’est drôle.
– On est dans une tragédie ? me demande-t-il, avec un large sourire à présent.
– Bien sûr. C’est ça, la vie, non ? On meurt tous à la fin. »

« The sun is also a star » – Nicola Yoon

Bénis soient les enfants et les bêtes

41OKaE8JOiL._SX331_BO1,204,203,200_Résumé : Ils sont six adolescents à s’être rencontrés dans ce camp de vacances en plein cœur de l’Arizona. Leurs riches parents ne savaient pas quoi faire d’eux cet été-là, et ils ont décidé d’endurcir leurs rejetons en les envoyant au grand air pour qu’ils deviennent de “vrais cow-boys”. Au sein du camp, ces enfants se sont trouvés, unis par le fait que personne ne voulait rien avoir à faire avec eux. Cette nuit-là, alors que tout le monde est endormi, ils ont une mission à accomplir, un acte de bravoure qui prouvera au monde entier qu’ils valent quelque chose. Et ils iront jusqu’au bout de leur projet, quel que soit le prix à payer.

Avis : C’est indéniable, Glendon Swarthout sait raconter des histoires. Celle-ci est à la fois belle, folle, étrange et terriblement douloureuse, un peu à l’image de ce que peut être l’amère et jubilatoire adolescence. Ce récit m’a pris aux tripes, et les dernières pages m’ont littéralement chamboulée… S’il n’y avait pas eu ces indices qui divulguent un peu trop rapidement à mon goût l’essence de l’intrigue, ç’aurait vraiment pu être un coup de cœur.

4,5/5

Extrait : « Ils frissonnèrent. L’air s’était rafraîchi et la sueur provoquée par la danse séchait sur leur peau. C’était cette dernière heure floue entre le jour et la nuit, celle où les hommes approchent de la vérité et perdent leurs illusions. »

« Bénis soient les enfants et les bêtes » – Glendon Swarthout