L’enfant du lac

41qndVq4tHL._SX309_BO1,204,203,200_Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon. Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès. 

Avis : A l’instar des « Brumes de Riverton », j’ai lu ce livre d’une seule traite. Encore une fois, Kate Morton prouve qu’elle sait raconter des histoires, qu’elle maîtrise le suspens, les secrets de famille et les voyages à travers les époques. Mais hélas, si j’ai retrouvé ici toutes les qualités du premier titre lu, j’y ai également retrouvé ses défauts : deuxième partie un peu moins réussie, des révélations qui se devinent aisément et des maladresses de plus en plus fréquentes. Quant à la fin toute de sucre et de miel, je m’en serais volontiers passé ! Néanmoins, ça se lit facilement et ce n’est pas désagréable. Une bonne lecture d’été.

3/5

Extrait : « En guise de consolation, l’article était illustré de deux photographies que Sadie n’avait jamais vues. Une femme élégante, souriante, assise sous un arbre en compagnie de trois petites filles en robes blanches ; elle avait sur les genoux un exemplaire d’ »Eleanor sur le seuil magique ». Et la même femme, visage grave, traits tirés, tandis qu’un bel homme de haute stature la soutenait par la taille. Le couple était photographié dans la bibliothèque de Loanneth, dont Sadie reconnut le moindre détail. Rien n’avait changé, pas même le portrait encadré posé sur le bureau, près des portes-fenêtres. DES PARENTS DÉSESPÉRÉS ! clamait la légende, qui poursuivait : M. et Mme Anthony Edevane prient toutes les personnes qui pourraient fournir des informations sur leur jeune fils Theodore, onze mois, de se faire connaître. »

« L’enfant du lac » – Kate Morton

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Les brumes de Riverton

514wh+nVNNL._SX305_BO1,204,203,200_Résumé : Été 1924, dans la propriété de Riverton. L’étoile montante de la poésie anglaise, lord Robert Hunter, se donne la mort au bord d’un lac, au cours d’une soirée. Dès lors, les sœurs Emmeline et Hannah Hartford, seuls témoins de ce drame, ne se sont plus adressé la parole. Selon la rumeur, l’une était sa fiancée et l’autre son amante… 1999. Une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de ce scandale et s’adresse au dernier témoin vivant, Grace Bradley, à l’époque domestique au château. Grace s’est toujours efforcée d’oublier cette nuit-là. Mais les fantômes du passé ne demandent qu’à se réveiller…

Avis : Je suis souvent passée devant les romans de Kate Morton, mais leurs couvertures ne m’inspiraient que de dédaigneux préjugés (cette typographie, bon sang…) Jusqu’à ce que je tombe sur une chronique de ce titre, nous invitant à outrepasser les idées préconçues que nous pourrions avoir, et à ainsi découvrir et apprécier son univers, proche de celui de « Downton Abbey »… Il n’en fallait guère plus pour que je me procure ce livre ! Et je dois bien l’avouer : j’ai littéralement dévoré la première partie. Certes, ce n’est pas extraordinairement bien écrit, mais indéniablement, Kate Morton sait raconter une histoire, créer une atmosphère, nous plonger dans une époque. Malheureusement, la seconde partie est moins intense, les longueurs, les maladresses et les évidences se font de plus en plus fréquentes, et le dénouement est relativement prévisible. Néanmoins, parce que j’ai été agréablement surprise et que cette lecture m’a vraiment happée, il est fort probable que je lise d’autres titres de cette auteure.

★★★★☆

Extrait : « Art cruel et paradoxal que la photographie, cette façon d’entraîner de force vers l’avenir ce que l’on a capturé sur l’instant, ces moments qu’on aurait dû laisser s’évaporer avec le passé, qui ne devraient survivre que dans les mémoires, les souvenirs; des moments qu’on devrait entrevoir, sans plus à travers la brume des évènements ultérieurs. Les photos nous obligent à voir les gens tels qu’ils étaient avant que leur avenir pèse sur eux de tout son poids, avant qu’ils sachent comment ils vont finir. »

« Les brumes de Riverton » – Kate Morton

La dernière fugitive

410HyBbd-KL._SX302_BO1,204,203,200_Résumé : 1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s’embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. A l’éprouvante traversée s’ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu’à Faithwell, une petite bourgade de l’Ohio. C’est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire.

Avis : Où l’on apprend beaucoup sur les Quakers, les quilts et la condition des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Où l’on assiste à l’éclosion d’une jeune fille, auparavant timide et craintive, désormais valeureuse et déterminée. Où l’on découvre que la révolution peut être silencieuse, et qu’avoir le courage de ses convictions a un prix. Où l’on tremble, on s’indigne, on s’émeut en même temps que la douce Honor Bright. Où l’on retrouve avec grand plaisir la plume de Tracy Chevalier, qui signe ici un très beau portrait de femme(s).

★★★★☆

Extrait : « Elle était arrivée dans ce pays avec un principe clair, issu d’une vie entière passée à méditer dans l’attente silencieuse: tous les hommes étant égaux aux yeux de Dieu, il était donc anormal que certains soient asservi par d’autres. Tout système d’esclavage devait être aboli. La chose avait parut simple en Angleterre, et pourtant, dans l’Ohio, ce principe se trouvait écorné. Par des arguments économiques, par des situations personnelles, par des préjugés profondément enracinés qu’Honor décelait même chez les quakers… »

« La dernière fugitive » – Tracy Chevalier

Les rois maudits, tome 4 : La loi des mâles

51bMvNUrejL._SX318_BO1,204,203,200_Résumé : Juin 1316. Louis X le Hutin vient de mourir empoisonné. Pour la première fois depuis trois cents ans, un roi capétien disparaît sans qu’un fils lui succède. Ce quatrième volume des Rois maudits fait revivre les luttes acharnées qui vont être livrées afin de s’emparer de la Régence. C’est le frère du roi mort, le comte de Poitiers, qui l’emportera. Pour préparer son accession au trône, il s’appuiera sur une certaine loi salique, cette « loi des mâles », en vérité adaptée pour la circonstance, qui constituera désormais le règlement de succession de la monarchie française. La disparition du fils posthume de Louis le Hutin permet au comte de Poitiers de devenir Philippe V, dit le Long.

Avis : (Audiobook) Même si la plume de Maurice Druon reste brillante, et les qualités d’acteur de François Berland, indéniables, il s’agit probablement du tome qui m’a le moins transportée, et je l’avoue, m’a parfois même ennuyée… Espérons que le prochain retrouve de sa verve initiale !

★★★☆☆

Extrait : « – Ma terre, mon blé ! répétait-il.
On le vit soudain s’abattre dans le champ, s’y étendre, s’y vautrer, s’y rouler follement parmi les graminées comme s’il voulait s’ y confondre ; il mordait les épis, à pleines dents, pour trouver au cœur du grain cette saveur laiteuse qu’il a un mois avant la moisson ; il ne sentait même pas qu’il s’écorchait les lèvres aux barbes du froment. Il s’enivrait de ciel bleu, de terre sèche et du parfum des tiges crissantes, faisant autant de ravages, à lui seul, qu’une compagnie de sangliers. »

« Les rois maudits, tome 4 : La loi des mâles »

Les rois maudits, tome 3 : Les poisons de la couronne

9782253004042_1_75Résumé : « Les Poisons de la Couronne » ressuscite, presque jour par jour, les conflits, les intrigues, les haines et les crimes du règne de Louis X le Hutin, qui ne dura que dix-huit mois, mais dont les conséquences devaient être capitales pour la monarchie française. Lorsqu’il meurt empoisonné, en juin 1316, c’est la première fois depuis plus de trois siècles qu’un roi de France décède sans laisser un héritier mâle.

Avis : (Audiobook) J’ai enfin retrouvé dans ce tome tout ce qui m’avait enchantée dans le premier : la plume, les intrigues, l’immersion parfaite dans l’époque… Si bien qu’à peine terminé, j’ai de suite enchaîné avec le tome 4 ! Seules quelques longueurs sont à déplorer, mais franchement, rien de bien gênant.

★★★★☆

Extrait : « Vers l’heure de midi, la violence de la mer commença de décroître, et chacun reprit espoir. Puis le soleil déchira les nuages ; la terre était en vue. Le capitaine reconnut avec joie les côtes de Provence, et, plus précisément, à mesure qu’on approchait, les calanques de Cassis. Il n’était pas médiocrement fier d’avoir maintenu son navire en direction. »

« Les rois maudits, tome 3 : Les poisons de la couronne » – Maurice Druon

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

9782253045281_1_75Résumé : « Toute la lumière que nous ne pouvons voir » nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont l’existence est bouleversée par la guerre : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.

Avis : En lisant le résumé, je m’attendais réellement à être bouleversée par ces deux personnages. En réalité, même si j’ai parfois pu éprouver de l’empathie pour eux, je ne m’y suis finalement pas tant attachée que ça (il m’arrivait même parfois d’oublier que Marie-Laure était aveugle…). Parce que dans ce livre, l’Histoire (ou le destin, ou la fatalité, on l’appellera comme on voudra) est un personnage majeur, et sa terrible et inexorable progression, un véritable moteur à tourner les pages ! Marie-Laure et Werner ne sont finalement que deux minuscules fourmis qui se débattent parmi tant d’autres au milieu du chaos, et l’on comprend que leur histoire est celle de milliers de personnes, et l’on comprend ce que tenter de survivre au cœur de la débâcle peut vouloir dire. Finalement, la force et la beauté de ce récit, c’est d’être universel.

★★★★☆

Extrait : « J’étais en permission l’an dernier et je suis allé voir mon père. Il était vieux. Il avait toujours eu l’air vieux, mais là, tout spécialement. Il a mis un temps fou à traverser la cuisine, avec un paquet de biscuits, des petits biscuits aux amandes. Il a mis ce paquet dans une assiette, tout simplement. On n’y a pas touché, ni lui ni moi. Et il m’a dit: « Tu n’es pas forcé de rester. J’aimerais bien que tu restes, mais tu n’es pas forcé. Tu dois avoir à faire. Tu peux sortir avec tes amis, si tu préfères… ». Il n’arrêtait pas de répéter ça.
Je suis parti. J’ai descendu l’escalier et je me suis retrouvé dans la rue. Je n’avais personne à voir. Aucun ami dans cette ville. Je m’étais tapé toute une journée en train pour venir le voir. Mais je suis parti. Comme ça. »

« Toute la lumière que nous ne pouvons voir » – Anthony Doerr

Les rois maudits, tome 2 : La reine étranglée

9782253003069_1_75Résumé : Faisant suite au Roi de fer, La Reine étranglée commence au lendemain même de la mort de Philippe le Bel. Un prince de faible caractère, Louis X le Hutin, dont l’épouse, Marguerite de Bourgogne, est emprisonnée pour adultère, succède à un monarque exceptionnel. Tandis que la Chrétienté attend un pape et que le peuple meurt de faim, les rivalités, les intrigues, les complots vont déchirer la cour de France et conduire barons, prélats, banquiers, et le roi lui-même, au fond d’une impasse dont ils ne pourront sortir que par le crime.

Avis : (Audiobook) Pour être tout à fait honnête, j‘ai été un peu moins conquise par ce deuxième tome – les faits historiques y prenant davantage de place, et ce, aux dépens de l’aspect romancé. On perçoit ainsi moins l’ambiance de l’époque, et la sensation, si présente dans « Le roi de fer », d’assister aux événements, est moins marquée ici. Néanmoins, je continuerai à écouter cette série, parce que je dois bien le dire, j’ai éprouvé malgré tout beaucoup de plaisir à retrouver les frasques de la cour; sans parler, bien évidemment, de la superbe plume de Maurice Druon et des talents de comédien de François Berland.

★★★★☆

Extrait : « Il est des villes plus fortes que les siècles ; le temps ne les change pas. Les dominations s’y succèdent ; les civilisations s’y déposent comme des alluvions ; mais elles conservent à travers les âges leur caractère, leur parfum propre, leur rythme et leur rumeur qui les distinguent de toutes les autres cités de la terre. Naples, de toujours, fut de ces villes-là. Telle elle avait été, telle elle restait et resterait le long des âges, à demi africaine et à demi latine, avec ses ruelles serrées, son grouillement criard, son odeur d’huile, de safran et de poisson frit, sa poussière couleur de soleil, son bruit de grelot au cou des mules. (…) Le peuple n’était ni grec, ni romain, ni byzantin ; il était le peuple napolitain de toujours, peuple pareil à nul autre au monde, qui use de la gaieté comme d’un masque de mime pour dissimuler la tragédie de la misère, qui emploie l’emphase pour donner du piment à la monotonie des jours, et dont l’apparente paresse n’est dictée que par la sagesse de ne point feindre l’activité lorsque l’on a rien à faire. »

« Les rois maudits, tome 2 : La Reine étranglée » – Maurice Druon