Miniaturiste

51w2CkPQL5L._SX302_BO1,204,203,200_Résumé : Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, riche marchand, il vit dans une opulente demeure entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. Johannes offre à son épouse une maison de poupée représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de mettre peu à peu au jour de dangereux secrets…

Avis : Longtemps j’ai repoussé la lecture de ce roman, les avis de mon entourage à son propos étant assez mitigés. Pourtant, j’ai de suite été happée par la plume de Jessie Burton, par son habileté à recréer l’atmosphère du vieil Amsterdam, par la profondeur et la complexité des personnages, et surtout, par cette étrange histoire, dont il me reste encore aujourd’hui des images très nettes, un peu à la manière de peintures flamandes. Seules quelques longueurs et autres petites maladresses m’ont parfois fait décrocher.

4,5/5

Extrait : « – Le monde émerveille ma fille, mais elle fait trop souvent fi de la manière dont il se présente à elle. Elle a toujours dit qu’il y avait quelque chose au-delà de ce qu’elle pouvait atteindre. Elle appelait ça « la fugue éternelle ». Si seulement elle s’était contentée des horloges ! Non. Petronella a toujours désiré vivre hors des frontières du temps mesurable. Toujours en marge, toujours curieuse. Elle se moquait des gens qui s’accrochaient à ces mesures du temps, qui aspiraient à ce que tout soit en ordre. Mon travail était trop restrictif pour elle, mais les créations qu’elle assemblait dans mon atelier ne se vendaient pas. Je dois admettre qu’elles étaient… extraordinaires, mais j’avais honte de mettre mon nom dessus et de les vendre comme miennes.
– Pourquoi ?
– Parce qu’elles ne donnaient pas l’heure ! sourit-il. Elles mesuraient autre chose, des choses dont les gens ne voulaient pas se souvenir. La mortalité, un cœur brisé, l’ignorance, la folie. A la place des chiffres, elle peignait les visages des clients et leur envoyait des messages qui jaillissaient de l’horloge chaque fois que la petite aiguille atteignait le 12. J’ai dû la supplier d’arrêter. Elle m’expliquait qu’elle était capable de lire dans leur âme, dans leur temps intérieur, qui n’avait aucun rapport avec les heures et les minutes. C’était comme tenter de dresser un chat. »

« Miniaturiste » – Jessie Burton

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