Calpurnia Tate, tome 2 : Calpurnia et Travis

61BeB-Tx93L._SX336_BO1,204,203,200_Résumé : A douze ans, le monde de Calpurnia Tate ne dépasse pas les limites du comté de Caldwell. Mais, pour qui sait regarder avec étonnement et curiosité, il y a là mille choses à découvrir. Son frère Travis rapporte à la maison un tatou, des geais bleus et un coyote, toutes sortes d’animaux sauvages qu’il veut apprivoiser en cachette. Et son grand-père initie Calpurnia aux mystères des sciences naturelles. La famille de Calpurnia accueille sa cousine Aggie, et, surtout, un vétérinaire vient s’installer près de chez eux. Pour Calpurnia, c’est l’occasion rêvée de donner enfin corps à ses ambitions…

Avis : Après un premier tome pétillant, drôle et très instructif, il me tardait de retrouver l’espiègle Calpurnia Tate dans de nouvelles aventures. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue, même si le ton m’a cette fois-ci paru plus dur, plus incisif, et Calpurnia, un  peu moins sympathique. J’ai néanmoins passé un agréable moment de lecture.

4/5

Extrait : « A ma grande stupéfaction, ce fut le jour de l’An 1900 que je vis tomber la neige pour la première fois. La belle affaire, me direz-vous, mais, dans le centre du Texas, c’est un événement rarissime. La veille au soir, j’avais justement pris la résolution de voir la neige au moins une fois avant de mourir, mais sans trop y croire. Et voilà que quelques heures plus tard mon voeu improbable était exaucé : la neige avait transformé notre ville bien ordinaire en un paysage d’une beauté féerique. À l’aube, vêtue seulement de ma robe de chambre et de mes pantoufles, je m’étais précipitée dans les bois enveloppés d’un silence ouaté pour admirer le fin manteau de neige, le ciel couleur d’étain et les arbres drapés d’argent, jusqu’à ce que le froid m’oblige à regagner la maison. De plus, emportée par l’effervescence, la fièvre, la solennité avec laquelle on saluait cet événement je m’imaginais que ce nouveau siècle allait m’apporter un merveilleux avenir et une treizième année magique. »

« Calpurnia et Travis » – Jacqueline Kelly

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Un clafoutis aux tomates cerises

liv-12267-un-clafoutis-aux-tomates-cerisesRésumé : Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… 

Avis : Un gentil petit roman… mais pas que. J’ai d’ailleurs pas mal hésité avant de le classer dans la catégorie « feel good ». Parce que oui, c’est parfois drôle et léger (c’était d’ailleurs ce que laissait présager la mignonne couverture), mais la maladie, la vieillesse et la mort sont également des thèmes très présents. Et même s’ils sont à l’occasion abordés sur le ton de l’humour, ça n’est pas cotillons et confettis à chaque page, loin s’en faut. Néanmoins, ça reste un bon moment de lecture, une belle immersion dans ce que vieillir peut vouloir dire, sans mièvrerie.

3,5/5

Extrait : « C’est fou tout ce qui est apparu en près d’un siècle… Tant de choses m’échappent aujourd’hui ! C’est comme la fleur de sel, tiens (oui, je sais, ça n’a rien à voir mais ça m’échappe aussi), une manie de ma fille. Elle en achète, qu’elle range dans mon placard à condiments, près de la cuisinière. La dernière fois, elle a cherché partout son petit pot cartonné. Elle a fini par le trouver. Là où était écrit « fleur de sel », il y avait du sel fin. Elle a rouspété, bien sûr. J’avais recouvert sa fleur de sel de sel fin, je n’avais pas fait attention. Qu’est-ce que ça pouvait faire ? Je ne vois pas la différence, sauf que ça fait des petits grains très désagréables sous la dent, sur la langue. C’est une mode, ce truc-là. Comme les pamplemousses qu’elle veut toujours mélanger à des avocats et de l’huile d’olive. Je n’aime pas. C’est tellement bon tout seul, un pamplemousse ! »

« Un clafoutis aux tomates cerises » – Véronique de Bure

Big mushy happy lump

51nvsYl-0LL._SX404_BO1,204,203,200_Résumé : Sarah Andersen’s hugely popular, world-famous Sarah’s Scribbles comics are for those of us who boast bookstore-ready bodies and Netflix-ready hair, who are always down for all-night reading-in-bed parties and extremely exclusive after-hour one-person music festivals. In addition to the most recent Sarah’s Scribbles fan favorites and dozens of all-new comics, this volume contains illustrated personal essays on Sarah’s real-life experiences with anxiety, career, relationships and other adulthood challenges that will remind readers of Allie Brosh’s Hyperbole and a Half and Jenny Lawson’s Let’s Pretend This Never Happened. The same uniquely frank, real, yet humorous and uplifting tone that makes Sarah’s Scribbles so relatable blooms beautifully in this new longer form.

Avis : Encore une fois, j’ai beaucoup ri (cf. « Adulthood is a myth ») ! Parce que bien évidemment, il est difficile de ne pas se reconnaître dans certains strips… Du coup, ça n’en est que plus drôle et efficace. Cependant, j’ai un peu moins accroché à la partie « texte illustré », d’où l’étoile en moins. Mais si un troisième volume devait être publié, c’est avec grand plaisir que je le lirais !

★★★★☆
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Petits portraits de très grandes personnes

51gKzQpjfKL._SX332_BO1,204,203,200_Résumé : On aurait pu les appeler personnes âgées, mais ça aurait été réducteur. Papi ou Mamie n’ont pas toujours eu des cheveux blancs et des sourcils en broussaille, n’ont pas toujours eu besoin de déambulateurs ou de dentiers. Il fut un temps où ils ont couru, ri, joué, raconté des blagues, fait des galipettes, eu des peines de coeur, des frustrations, des peurs, de l’acné… Difficile d’imaginer la vie qu’ils ont menée. En lisant, vous en aurez une petite idée. Les textes sont courts, les photos sont trippantes, qu’est-ce que vous risquez ? D’avoir envie d’aller les voir ? D’aller leur taper la bise ? Ce serait nickel. Ils ont tellement besoin d’amour… 

Avis : C’est un petit livre tout simple, sans prétention, qui se lit aisément. C’est un petit livre de tranches de vie, qui fait du bien au cœur. On y apprend des choses (à l’époque, les hommes travaillaient à la ferme en échange d’un salaire, alors que les femmes, qui en faisaient tout autant, n’étaient absolument pas payées…!), on sourit, on est ému. Ça n’a l’air de rien, on survole ces histoires (trop) brièvement racontées, mais c’est doux et sucré. Pas de la grande littérature donc, mais un bon petit moment passé en compagnie de ces personnes âgées.

★★★★☆

Extrait : « C’est la première fois que j’allais écrire un texte à partir d’histoires réelles, j’avais un peu la pétoche. En entrant dans votre chambre, j’ai croisé votre regard, il m’a transpercée, vous avez commencé à parler, l’urgence était de vous écouter. »

« Petits portraits de très grandes personnes » – Barbara Constantine, Cecyl Gillet

La mélodie familière de la boutique de Sung

51csggj3ykl-_sx339_bo1204203200_Résumé : Lorsque la grand-mère de Minh donne un spectacle de marionnette vietnamienne pour la fête de fin d’année de l’école, personne ne soupçonne que Prenzlauer Berg va en être bouleversé. Et pourtant, dans le quartier situé au cœur de Berlin, la part d’Asie – cette richesse culturelle enfouie – ressurgit, insufflant un nouveau sens de la communauté. L’effet papillon dans toute sa puissance. Bientôt, tous les habitants sont coiffés de chapeaux de paille pointus, des légumes méconnus apparaissent dans les assiettes, des ponts en bambou relient les maisons de toit en toit. De belles vibrations, une vraie révolution !  

Avis : Ça avait pourtant très bien commencé… On virevoltait d’un portrait à un autre avec légèreté, l’auteure saisissant pour chacun de ses nombreux protagonistes des instants de vie d’une grande justesse. C’était frais, sensible et drôle parfois. Puis ce tourbillon de personnages lasse, l’humour perd lourdement de sa finesse, les situations deviennent de plus en plus rocambolesques, les clichés s’accumulent et l’on s’égare totalement dans ce brouhaha assourdissant. Petite déception, donc…

★★☆☆☆

Extrait : « Une fois le gingembre et le citron vert incorporés aux fruits, elle passa la cuillère en bois à Sung, monta sur une chaise et attrapa une bouteille d’alcool de framboises sur la plus haute étagère de la cuisine. Elle en remplit la moitié d’un verre, prit une gorgée, laissa Sung en boire une à son tour et versa le reste dans la confiture en ébullition. Quand les pots furent bien vissés et posés à l’envers sur la table, Mia et Sung s’embrassèrent aussi naturellement que si ce baiser était la conséquence logique de la préparation de la confiture de framboises, inéluctable et indépendant de leur volonté ou de leur libre arbitre. »

« La mélodie familière de la boutique Sung » – Karin Kalisa

Adulthood is a myth

5151gqtpqgl-_sx404_bo1204203200_Résumé : These casually drawn, perfectly on-point comics by the hugely popular young Brooklyn-based artist Sarah Andersen are for the rest of us. They document the wasting of entire beautiful weekends on the internet, the unbearable agony of holding hands on the street with a gorgeous guy, and dreaming all day of getting home and back into pajamas. In other words, the horrors and awkwardnesses of young modern life. Oh and they are totally not autobiographical. At all.

Avis : (VO) Un très chouette recueil de comic strips qui m’a beaucoup fait rire (parfois même aux éclats, c’est dire), des histoires courtes d’une universalité folle (a fortiori si tu es dotée d’un utérus et que tu as eu le bon goût de naître dans les années 80), une couverture floquée que tu ne pourras t’empêcher de caresser et de re-caresser (si si)… Bref, c’est court, drôle et terriblement efficace ! Autant dire que j’attends la sortie de « Big mushy happy lump » (tout un programme) avec impatience.

★★★★★

Extrait :
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« Adulthood is a myth » – Sarah Andersen

Sans oublier la baleine

9782234079717_1_75Résumé : À Saint-Piran, en Cornouailles, on se souvient encore du jour où le jeune homme nu a été rejeté sur la plage par l’océan. Une entrée en scène des plus originales. Les villageois se portent bien sûr à son secours : l’ineffable Dr Books, le glaneur Kenny Kennett, Demelza, romancière à l’eau de rose… ou encore la pimpante épouse du vicaire. Sans oublier la baleine, à l’arrière-plan, qui ne veut plus quitter la côte. Personne ne sait alors que Joe Haak a fui la City, terrorisé à l’idée que le programme de prédictions qu’il a inventé n’entraîne l’effondrement de l’économie mondiale. Avec ce nouveau venu, un sentiment de fin du monde vient contrarier la quiétude de Saint-Piran…

Avis : La couverture est superbe, le résumé alléchant… mais hélas, je n’ai pas du tout été embarquée par cette histoire. Pourtant, le début m’intriguait, la délicieuse impression d’entrer dans un univers un peu particulier, à la fois insolite et poétique. Mais très vite, la magie retombe, les personnages perdent de leur consistance et les situations deviennent invraisemblables. Je dois dire aussi que les nombreuses analepses m’ont perturbée, sans parler des coquilles à répétition et de la traduction, qui m’a paru parfois approximative. Bref, j’aurais aimé pouvoir être enchantée par ce livre prometteur, mais j’ai malheureusement très vite décroché…

★★☆☆☆

Extrait : « Peut-être vous feront-ils asseoir sur un banc, face à l’océan, pour vous raconter toute l’histoire, celle de la baleine et l’homme nu sur la plage. Peut-être même vous inviteront-ils à longer avec eux la très ancienne digue qui enserre le port, puis le sentier rocailleux qui contourne le cap avant de déboucher sur la plage. Là, ils vous indiqueront sans doute le rocher sur lequel était juché Kenny Kennet lorsqu’il aperçut la baleine ; ainsi que la langue de sable, à deux pas de là, où l’on découvrit le prénommé Joe. Et sans doute qu’en contemplant les rochers épars et peu engageants qui festonnent le rivage, ils s’interrogeront tout haut :  » Qui pourrait flotter et dériver au milieu de tout ça sans se faire déchiqueter ? »

Sans oublier la baleine – John Ironmonger