Quand sort la recluse

41sMUf-KdrL._SX323_BO1,204,203,200_Résumé : « – Trois morts, c’est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n’est pas de notre compétence.
– Ce qu’il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J’ai donc rendez-vous demain au Muséum d’Histoire naturelle.
– Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
– Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
– Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l’araignée recluse ? »

Avis : Quel bonheur de retrouver enfin la Fred Vargas des débuts, celle qui a su faire d’Adamsberg un personnage phare dans la littérature policière (et accessoirement, l’un de mes personnages masculins préférés, tous genres confondus), celle dont j’achetais chacun des titres les yeux fermés, celle qui maniait avec brio la plume pour nous servir des enquêtes intelligentes menées par une équipe terriblement loufoque mais bougrement attendrissante ! J’avoue que les derniers volets ne m’avaient pas vraiment convaincue, voire même parfois franchement déçue; je n’attendais donc pas grand chose de celui-ci. Mais quelle agréable surprise, et même si ce titre n’est pas exempt de défauts, sa lecture a été très plaisante !

4/5

Extrait : « – J’ai perdu mon portable à Grimsey.
– Où cela ?
– Dans des excréments où une brebis l’a enfoncé d’un coup de patte.
– Et vous n’avez pas tenté de l’extraire jusqu’à épuisement ?
– Ne mésestimez pas la puissance d’un sabot de brebis, Retancourt. Il devait être brisé.
– En attendant vous êtes sans téléphone ?
– J’ai pris celui du chat. Enfin, celui qui est posé sur la photocopieuse à côté de lui. Celui qui dysfonctionne. Je crois qu’un jour le chat lui a pissé dessus. Je crois que mes portables sont voués à un destin excrétal. Je ne sais pas comment je dois le prendre. »

« Quand sort la recluse » – Fred Vargas

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L’enfant du lac

41qndVq4tHL._SX309_BO1,204,203,200_Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon. Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès. 

Avis : A l’instar des « Brumes de Riverton », j’ai lu ce livre d’une seule traite. Encore une fois, Kate Morton prouve qu’elle sait raconter des histoires, qu’elle maîtrise le suspens, les secrets de famille et les voyages à travers les époques. Mais hélas, si j’ai retrouvé ici toutes les qualités du premier titre lu, j’y ai également retrouvé ses défauts : deuxième partie un peu moins réussie, des révélations qui se devinent aisément et des maladresses de plus en plus fréquentes. Quant à la fin toute de sucre et de miel, je m’en serais volontiers passé ! Néanmoins, ça se lit facilement et ce n’est pas désagréable. Une bonne lecture d’été.

3/5

Extrait : « En guise de consolation, l’article était illustré de deux photographies que Sadie n’avait jamais vues. Une femme élégante, souriante, assise sous un arbre en compagnie de trois petites filles en robes blanches ; elle avait sur les genoux un exemplaire d’ »Eleanor sur le seuil magique ». Et la même femme, visage grave, traits tirés, tandis qu’un bel homme de haute stature la soutenait par la taille. Le couple était photographié dans la bibliothèque de Loanneth, dont Sadie reconnut le moindre détail. Rien n’avait changé, pas même le portrait encadré posé sur le bureau, près des portes-fenêtres. DES PARENTS DÉSESPÉRÉS ! clamait la légende, qui poursuivait : M. et Mme Anthony Edevane prient toutes les personnes qui pourraient fournir des informations sur leur jeune fils Theodore, onze mois, de se faire connaître. »

« L’enfant du lac » – Kate Morton

Carnaval

9782749141954_1_75Résumé : Lorsqu’en 1919 un tueur en série s’attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot, la panique gagne peu à peu. On évoque le vaudou. Les victimes étant siciliennes, les rivalités ethniques sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l’agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca D’Andrea, vont tenter de résoudre l’affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets… Alors qu’un ouragan s’approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Avis : Nouvelle-Orléans, début XXe, jazz, meurtres, bayou, mafia, vaudou… Tous les ingrédients étaient réunis pour que ce thriller me plaise au plus haut point. Sans parler de la quatrième de couverture qui déclare fort modestement : « Depuis L’Aliéniste de Caleb Carr, on n’avait jamais lu ça ! » Rien de moins. Je pense donc que le moment est venu pour moi de vous faire un aveu : « L’Aliéniste » est probablement l’un de mes thrillers favoris. Ce qui vous donne une petite idée de mon niveau d’exigence en entamant cette lecture ! Certes, ça se lit vite, le rythme est bon, certains personnages sont vraiment bien construits, et l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans est particulièrement réussie (même si parfois, je devais me rappeler qu’il s’agissait bien d’une intrigue se déroulant en 1919, tant l’écriture est moderne). Mais on sent aussi qu’il s’agit d’un premier roman, avec son lot de maladresses et de petits défauts : questions restées en suspens, détails en quantité, points de vue qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue, personnages un peu en deçà… Quant à la présence du jeune Louis Armstrong, même si j’ai apprécié cette rencontre inattendue, je ne comprends toujours pas bien ce qu’il venait faire là. Malgré tout, l’ensemble reste prometteur; je pense donc lire le second opus, sorti en V.O. il y a une quinzaine de jours.

★★★☆☆

Extrait : « En Louisiane, les noirs n’avaient guère le droit de faire entendre leur culture et les enterrements permettaient justement d’y donner libre court en public et de traiter les opprimés avec pompe. C’était pour ça qu’elle fronçait les sourcils, parce que la seule fois où un noir pouvait être traité avec grandeur, c’est quand il n’était plus là pour en profiter. »

« Carnaval » – Ray Celestin