Les brumes de Riverton

514wh+nVNNL._SX305_BO1,204,203,200_Résumé : Été 1924, dans la propriété de Riverton. L’étoile montante de la poésie anglaise, lord Robert Hunter, se donne la mort au bord d’un lac, au cours d’une soirée. Dès lors, les sœurs Emmeline et Hannah Hartford, seuls témoins de ce drame, ne se sont plus adressé la parole. Selon la rumeur, l’une était sa fiancée et l’autre son amante… 1999. Une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de ce scandale et s’adresse au dernier témoin vivant, Grace Bradley, à l’époque domestique au château. Grace s’est toujours efforcée d’oublier cette nuit-là. Mais les fantômes du passé ne demandent qu’à se réveiller…

Avis : Je suis souvent passée devant les romans de Kate Morton, mais leurs couvertures ne m’inspiraient que de dédaigneux préjugés (cette typographie, bon sang…) Jusqu’à ce que je tombe sur une chronique de ce titre, nous invitant à outrepasser les idées préconçues que nous pourrions avoir, et à ainsi découvrir et apprécier son univers, proche de celui de « Downton Abbey »… Il n’en fallait guère plus pour que je me procure ce livre ! Et je dois bien l’avouer : j’ai littéralement dévoré la première partie. Certes, ce n’est pas extraordinairement bien écrit, mais indéniablement, Kate Morton sait raconter une histoire, créer une atmosphère, nous plonger dans une époque. Malheureusement, la seconde partie est moins intense, les longueurs, les maladresses et les évidences se font de plus en plus fréquentes, et le dénouement est relativement prévisible. Néanmoins, parce que j’ai été agréablement surprise et que cette lecture m’a vraiment happée, il est fort probable que je lise d’autres titres de cette auteure.

★★★★☆

Extrait : « Art cruel et paradoxal que la photographie, cette façon d’entraîner de force vers l’avenir ce que l’on a capturé sur l’instant, ces moments qu’on aurait dû laisser s’évaporer avec le passé, qui ne devraient survivre que dans les mémoires, les souvenirs; des moments qu’on devrait entrevoir, sans plus à travers la brume des évènements ultérieurs. Les photos nous obligent à voir les gens tels qu’ils étaient avant que leur avenir pèse sur eux de tout son poids, avant qu’ils sachent comment ils vont finir. »

« Les brumes de Riverton » – Kate Morton

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La femme au carnet rouge

41huzjc8eul-_sx307_bo1204203200_Résumé : Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Laurent le découvre le lendemain, abandonné dans la rue, tout près de sa librairie. S’il ne contient plus de papiers d’identité, il recèle encore une foule d’objets qui livrent autant d’indices sur leur propriétaire : photos, notes, flacon de parfum… Désireux de la retrouver, l’homme s’improvise détective. A mesure qu’il déchiffre le carnet rouge contenant les pensées secrètes de Laure, le jeu de piste se mue en une quête amoureuse qui va bouleverser leurs vies.

Avis : Une histoire cousue de fil blanc, des personnages auxquels je ne me suis pas attachée, un récit qui parfois s’étire, quelques facilités… Bref, un petit roman contemporain qui se lit rapidement, mais qui hélas, ne me laissera pas de grands souvenirs.

★★☆☆☆

Extrait : « Peut-on éprouver la nostalgie de ce qui n’a pas eu lieu ? Ce que nous nommons « regrets » et qui concerne les séquences de nos vies où nous avons la quasi-certitude de ne pas avoir pris la bonne décision comporterait une variante plus singulière, qui nous envelopperait dans une ivresse mystérieuse et douce : la nostalgie du possible. »

« La femme au carnet rouge » – Antoine Laurain

Outlander, tome 2 : Le talisman

51ai-q5nbnl-_sx340_bo1204203200_Résumé : Des aventures qui, dans ce second tome, vont conduire Claire et Jamie dans le Paris du siècle des Lumières. Leur but ? Empêcher Charles-Edouard Stuart d’accéder au trône, un événement qui marquerait le début d’une répression sanglante dans les Highlands. Mais dans leur course effrénée, le couple découvrira à ses dépens qu’on ne peut modifier le cours de l’histoire impunément…

Avis : Soyons clairs, ce tome a failli plus d’une fois me glisser des mains. Un flashforward sans grand intérêt, si ce n’est de nous faire un peu trop de révélations à mon goût. Une partie en France d’un ennui profond et qui a franchement peu d’utilité pour l’intrigue. Un retour en Écosse qui avait plutôt bien démarré, mais qui rapidement se gâte. Et une fin avec rebondissement – qui en définitive n’en est pas vraiment un, vu la multitude de tomes parue à la suite de celui-ci. Bref, on retrouve ici les gros défauts du premier tome, sans l’effervescence, la passion, ni même la beauté des paysages écossais qui permettaient de relever l’ensemble. Deux étoiles malgré tout, parce que dans un fol élan d’espoir, je suis allée au terme de ces 947 pages… ce qui n’est pas rien !

★★☆☆☆

Extrait : « Mon corps et mon esprit étaient épuisés, mais je luttais contre la fatigue, repoussais mes limites, comme je l’avais fait si souvent. Bientôt, je pourrais reposer mes membres las et mon cœur meurtri. Bientôt, je pourrai dormir tranquille. Alors, je me blottirais dans le petit salon douillet du bed and breakfast, seule près du feu avec mes fantômes. Je pourrais les pleurer en paix, et me laisser sombrer dans l’oubli ou ils m’attendaient. »

« Outlander, tome 2 : Le talisman » – Diana Gabaldon

Outlander, tome 1 : Le chardon et le tartan

51gke23mifl-_sx340_bo1204203200_Résumé : 1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s’efforce d’oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d’une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d’en découvrir la raison : en s’approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d’un champ de bataille. Le menhir l’a menée tout droit en l’an de grâce 1743, au cœur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d’autrefois ?

Avis : Voilà un livre bourré de défauts… mais terriblement addictif ! J’avoue avoir débuté ma lecture un peu à reculons (best-seller, romance à l’eau de rose, erreurs historiques, « vu à la télé »… tout ça tout ça), mais, dans un plaisir presque coupable, je me suis rapidement laissé prendre au jeu. Certes, j’ai souvent tiqué sur les nombreuses invraisemblances qui jalonnent le récit, le comportement de Claire m’a parfois hérissé le poil, et quelques scènes ont fait bondir la féministe qui sommeille en moi, mais j’ai de suite été happée par cette histoire, et je le confesse, dans une hâte presque fiévreuse, je me suis déjà procuré le deuxième tome… Cependant, je ne peux décemment pas lui attribuer plus de 3 étoiles, tant les défauts sont grands; et même s’il m’a parfois évoqué le superbe « Un bûcher sous la neige » de Susan Fletcher, je n’ai pu que constater sa pâleur face à ce très grand roman. Cela reste néanmoins une histoire prenante, dont il me tarde de connaître la suite.

★★★☆☆

Extrait : « Je me souviens qu’une nuit, voyageant en automobile, bercée par le ronronnement du moteur et l’impression de douce apesanteur, je me suis endormie sur le siège du passager. Le conducteur a pris un pont trop rapidement et a perdu le contrôle du véhicule. Je me suis réveillée en sursaut, passant sans transition de mon rêve de flottement à la lumière aveuglante des phares de la voiture qui se précipitait vers nous. J’eus alors l’impression de tomber en chute libre, mon estomac me remontant dans la gorge. C’est à peu près ce que je ressentis entre les deux blocs de pierre du cromlech, en bien plus puissant. »

« Outlander, tome 1 : Le chardon et le tartan » – Diana Gabaldon

Eleanor & Park

41qJlM8FNeL._SX310_BO1,204,203,200_Résumé : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s’installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l’ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths… Et qu’importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Avis : Peut-être faudrait-il que j’évite ces romans-qu’il-faut-absolument-avoir-lus-et-dont-tout-le-monde-parle-depuis-des-lustres (dit la nana qui vient d’entamer la lecture d’Outlander…), peut-être devrais-je faire une pause dans les romances Young Adult, ou peut-être que ce n’était tout simplement pas le bon moment. Parce que, non, je ne suis pas tombée sous le charme d’Eleanor & Park. Non, je n’ai pas trouvé ces personnages extrêmement originaux, même si l’on sent que l’auteure s’est donné du mal (à force de vouloir construire des anti-héros, ça en devient parfois maladroit, voire improbable). Oui, je me suis pas mal ennuyée. Oui, il y a des tas d’invraisemblances (on parle des réactions du père de Park ?), et c’est bourré de clichés (la mère de Park, entre autres, est un stéréotype à elle seule). Une histoire que j’ai donc lue rapidement, mais qui ne me laissera pas un souvenir mémorable.

★★☆☆☆

Extrait : « Sa boîte à bijoux devait ressembler à une boîte de matériel de pêche. Enfin, tout ce qu’elle portait n’était pas si pourri… Il aimait bien sa paire de Vans avec des fraises dessus. Et elle avait un blazer vert en peau de requin qu’il aurait bien porté s’il avait pu l’assumer en toute impunité. Est-ce qu’elle se croyait au-dessus de ce genre de considération ? »

« Eleanor & Park » – Rainbow Rowell

Les fiancées du Pacifique

51S+13yv5EL._SX307_BO1,204,203,200_Résumé : « Le 2 juillet 1946, quelque six cent cinquante-cinq épouses de guerre australiennes embarquèrent pour un voyage exceptionnel : elles allaient faire cette traversée sur un porte-avions, le Victorious, pour retrouver leurs époux britanniques. Elles furent accompagnées par plus de mille cent hommes, ainsi que par dix-neuf avions, pour un voyage qui dura environ six semaines. La plus jeune des épouses avait quinze ans. L’une d’entre elles au moins devint veuve avant d’atteindre sa destination. Ma grand-mère, Betty McKee, fut l’une des plus chanceuses et vit tous ses espoirs comblés. Ce roman, inspiré par ce voyage, lui est dédié ainsi qu’à toutes ces épouses qui ont été assez courageuses pour croire en un avenir incertain à l’autre bout du monde. » Jojo Moyes

Avis : Ça n’est pas franchement très bien écrit, ce n’est pas particulièrement profond, ça n’a rien d’un roman mémorable (edit du 16/04/2017 : finalement, je m’en souviens encore très bien !)… Et pourtant, après quelques réticences, je me suis laissée embarquée, et parfois même surprendre par cette histoire de traversée hors du commun. Un récit attachant, qui offre la perspective d’excellents moments !

★★★★☆

Extrait : « Elles n’étaient décidément qu’une marchandise qu’il fallait éviter d’endommager, un lot de femmes à trimballer d’un point du globe à un autre, de leur père à leur mari, d’un groupe d’hommes à un autre en quelque sorte. »

« Les fiancées du Pacifique » – Jojo Moyes