Bohemian Flats

51qgOTyA6sL._SX301_BO1,204,203,200_Résumé : Cherchant à s’affranchir d’une Allemagne rurale et moyenâgeuse, les fils Kaufmann font cap sur l’Amérique, accompagnés de leur amie Magdalena. Dans les Bohemian Flats, banlieue boueuse de Minneapolis où immigrés tchèques, suédois, juifs et irlandais cohabitent, c’est une communauté extraordinaire qui leur ouvre les bras. Mais bien vite, la Première Guerre mondiale éclate et soumet les habitants au poids de leurs origines.

Avis : J’ai toujours été très friande de fresques familiales, a fortiori lorsque ces destins de femmes et d’hommes croisent la grande Histoire. Et quand, en plus, la quatrième de couverture évoque la fascinante Amérique du début du XXè siècle, me voilà déjà à moitié conquise ! Hélas, les portraits dressés ici sont ternes, sans relief, l’histoire est peu enthousiasmante, la plume fade (l’emploi abondant du présent m’a souvent laissée perplexe), et l’ennui n’est jamais loin. J’ai donc terminé cette lecture avec peine, espérant toujours un quelconque sursaut dans l’intrigue, en vain…

★★☆☆☆

Extrait : « Il ne lui faut pas plus d’un mois pour découvrir que les Flats inspirent à ceux de la ville autant de crainte que de superstition, toutes fondées sur quelques vérités, mais surtout teintées de la fange de préjugés immémoriaux. Peu importe que vous soyez suédois, irlandais, italien, allemand ou norvégien ; une fois que l’on habite les Flats, on est mis dans le même sac que les Slovaques ou les Tchèques : on devient Bohémien. »

« Bohemian Flats » – Mary Relindes Ellis

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables

9782841118724_1_75Résumé : Ce n’était pas le projet estival dont Layla avait rêvé. Rédiger l’histoire d’une petite ville de Virginie et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines. Et pourtant… Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d’une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L’été s’annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a la fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l’enfance; la tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu’elle aimait; et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l’existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Mon avis : (AudioBook) Toutes les conditions étaient réunies pour que j’adore ce livre : une petite bourgade du fin fond des États-Unis en été, des histoires de famille, d’enfance, de femmes, un lourd secret, des autochtones souvent drôles, des points de vus alternés…etc Hélas, même si certains passages sont d’une très grande justesse, l’histoire s’étire parfois, et la multitude de personnages laisse l’impression que l’auteure a voulu en faire un peu trop et s’est ainsi éparpillée en chemin. Bref, un récit en dents de scie, tantôt brillant et attachant, tantôt long et fade. Mais un moment sympathique dans l’ensemble.

★★★☆☆

Extrait : « La moustiquaire claqua derrière elles quand elles sortirent sur la terrasse, exhalant le dernier soupir las de la journée pour inspirer la première bouffée relaxante d’air nocturne. De part et d’autre d’Academy Street, les dîners touchaient à leur fin – cliquetis de cuillères dans les tasses à café, concert de grincements de chaises qu’on recule de la table. Les maisons qui bordaient la rue commençaient à se ressembler dans l’obscurité qui s’épaississait, leurs massives formes allongées découpées par des rectangles dorés à l’emplacement des fenêtres et des portes. Et à cette heure-là, elles se mirent toutes à déverser, sur les terrasses protégées par des moustiquaires, leurs habitants qui s’installèrent et dans des divans en rotin ou d’antiques fauteuils à bascule. Des voix, hautes et basses, tournoyaient comme des chauve-souris au-dessus des vastes pelouses. »

« Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables » – Annie Barrows