Bénis soient les enfants et les bêtes

41OKaE8JOiL._SX331_BO1,204,203,200_Résumé : Ils sont six adolescents à s’être rencontrés dans ce camp de vacances en plein cœur de l’Arizona. Leurs riches parents ne savaient pas quoi faire d’eux cet été-là, et ils ont décidé d’endurcir leurs rejetons en les envoyant au grand air pour qu’ils deviennent de “vrais cow-boys”. Au sein du camp, ces enfants se sont trouvés, unis par le fait que personne ne voulait rien avoir à faire avec eux. Cette nuit-là, alors que tout le monde est endormi, ils ont une mission à accomplir, un acte de bravoure qui prouvera au monde entier qu’ils valent quelque chose. Et ils iront jusqu’au bout de leur projet, quel que soit le prix à payer.

Avis : C’est indéniable, Glendon Swarthout sait raconter des histoires. Celle-ci est à la fois belle, folle, étrange et terriblement douloureuse, un peu à l’image de ce que peut être l’amère et jubilatoire adolescence. Ce récit m’a pris aux tripes, et les dernières pages m’ont littéralement chamboulée… S’il n’y avait pas eu ces indices qui divulguent un peu trop rapidement à mon goût l’essence de l’intrigue, ç’aurait vraiment pu être un coup de cœur.

4,5/5

Extrait : « Ils frissonnèrent. L’air s’était rafraîchi et la sueur provoquée par la danse séchait sur leur peau. C’était cette dernière heure floue entre le jour et la nuit, celle où les hommes approchent de la vérité et perdent leurs illusions. »

« Bénis soient les enfants et les bêtes » – Glendon Swarthout

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Homesman

51J1TbLCceL._SX340_BO1,204,203,200_Résumé : Au cœur des grandes plaines de l’Ouest, au milieu du XIXè siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte. Cette année-là, quatre femmes, brisées par l’hiver impitoyable et les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison. Aux yeux de la communauté des colons, il n’y a qu’une seule solution : il faut rapatrier les démentes vers l’Est, vers leurs familles et leurs terres d’origine. Mary Bee accepte d’effectuer ce voyage de plusieurs semaines à travers le continent américain. Pour la seconder, Briggs, un bon à rien, voleur de concession voué à la pendaison, devra endosser le rôle de « homesman » et l’accompagner dans son périple.

Avis : (ATTENTION, SPOILER) Quel plaisir de retrouver la plume de Glendon Swarthout ! J’avais été happée par « Le tireur », et n’en attendais pas moins de « Homesman ». Ainsi, toute la première partie m’a littéralement transportée dans les grandes plaines de l’Ouest, où la vie est si âpre, si brutale, que sombrer dans la folie parait finalement être la chose la plus saine, la plus sensée… Au cœur de cet enfer, la solitaire Mary Bee, personnage central, complexe, et terriblement attachant… mais c’était compter sans le pouvoir qu’exerce l’auteur sur le destin de ses personnages. Mary Bee s’en est donc allée. Et moi, je suis restée sur le bord de la route, furieuse et bouleversée, sans la moindre envie de continuer avec Briggs, ni même le désir d’apprendre à le connaître. Certes, ce choix de faire disparaître ce personnage, si loin de la fin, peut sembler logique (on imagine difficilement un « happy end » à ce genre d’histoire), et ne fait que renforcer le côté implacable, insupportable de cette vie-là… mais je n’ai pas su rebondir, et tout ce qui a suivi n’avait définitivement plus la même saveur.

Extrait : « C’était une lamentation telle que ces terres silencieuses n’en avaient encore jamais entendu. C’était une complainte d’un tel désespoir qu’elle déchirait le cœur et enfonçait ses crocs au plus profond de l’âme. Mary Bee porta les mains à ses oreilles. Des larmes lui dévalaient le long de ses joues, les larmes qu’elle avait retenues et accumulées la veille et au cours de la journée. C’était comme si les créatures tragiques à l’intérieur du chariot comprenaient enfin ce qui leur arrivait : qu’on les arrachait à tous ceux qu’elles aimaient, à leurs hommes, à leurs enfants, vivants ou morts ; à tout ce qu’elles aimaient, à leurs graines de fleurs, à leurs bonnets et à leurs alliances – pour ne plus jamais revenir. Le chariot grondait. Mary Bee sanglotait. Briggs poussait les mules. Les femmes continuaient à gémir. A gémir. »