Wild

41t+927ASiL._SX304_BO1,204,203,200_Résumé : Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le  » Chemin des crêtes du Pacifique « . Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même.

Avis : J’étais persuadée que ce livre me plairait, puisque en apparence, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un excellent moment de lecture. En apparence. Car en réalité, je suis restée sur le côté de la route. Tout y est succinct, on survole les rencontres, les paysages… pour ne s’attarder quasiment que sur les souvenirs et les pensées intimes de l’auteure. Le problème, c’est que je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour Cheryl (hormis dans les premières pages, qui, je dois bien le dire, m’ont littéralement bouleversée), pas le moindre intérêt pour sa personnalité, pour ce journal qu’elle rédige. Et plus j’avançais, moins j’avais envie de savoir ce que lui réservait la suite de ce périple. Bref, je n’ai pas été embarquée, et l’engouement autour de ce livre demeure pour moi un mystère…

★★☆☆☆

Extrait : « Je n’avais jamais été douée pour les maths. J’étais incapable de retenir chiffres et formules. Cette logique m’échappait complètement. Pour moi, le monde n’avait rien d’un graphique, d’une formule ou d’une équation. C’était une histoire. La plupart du temps, je me fondais sur les descriptions narratives de mon guide ; je les relisais plusieurs fois, les comparais à mes cartes, tentais d’analyser l’intention et la nuance cachée derrière chaque mot, chaque phrase. J’avais l’impression d’être un personnage dans un problème géant :  » Si Cheryl longe une arête vers le nord pendant une heure, à une vitesse de deux virgule quatre kilomètres-heure, puis se dirige vers l’ouest jusqu’à un col d’où elle distingue deux lacs oblongs à l’est, se tient-elle sur le flanc sud du Pic 7503 ? «  »

« Wild »- Cheryl Strayed

Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent

51-+UAdPi7L._SX376_BO1,204,203,200_Résumé : « 35 ans et toujours pas d’enfant ? Attention, il sera bientôt trop tard ! »; « Les nouveaux pères sont-ils de meilleures mères ? »;  » Faut-il mater l’enfant-roi ? »; « Survivrons-nous à la bombe A-dolescence ? » Voici quelques-uns des éternels débats liés à la parentalité qui font rage en famille et entre amis, qui font les gros titres des magazines « parentalité » et qui enflamment les forums de jeunes parents. À l’opposé des livres « modes d’emploi » qui proposent des solutions toutes faites, les auteures invitent tous les parents et plus largement les citoyens à s’emparer de ces questions d’éducation et de parentalité qui sont autant d’enjeux de société pour trouver LEURS propres réponses. Parce qu’il ne suffit pas de dire aux parents « Ayez confiance en vous ! », elles retournent aux sources (psychologie, histoire, sociologie, médecine) et éclairent les bases scientifiques et idéologiques de ces débats, permettant ainsi à chacun de se construire (ou reconstruire) parent en nourrissant sa propre réflexion. Un formidable un outil d’empowerment qui permettra aux parents de construire la « bonne » solution, c’est-à-dire celle qui prend sens maintenant, pour eux, leur enfant, leur famille.

Avis : Je ne suis pas mère, n’ai pas pour projet de le devenir, et n’avais donc par conséquent jamais lu de livre sur la parentalité auparavant. Ce qui ne m’empêche pas de penser que celui-ci est différent des autres ouvrages traitant de ce thème, car ses auteures ne sont pas là pour nous donner des conseils formatés, ne tiennent jamais de discours moralisateurs, ni ne prétendent détenir LA vérité. Il s’agit ici de faire confiance à l’intelligence de chacun en nous donnant des clés (historiques, sociologiques, scientifiques…) nous permettant de nous forger notre propre opinion. Certes, c’est parfois un peu consistant (il est sans doute préférable de prendre le temps, de n’en lire que quelques passages à la fois), mais l’humour et l’auto-dérision qui jalonnent ces pages allègent la somme importante d’informations et de réflexions. Bref, un ouvrage très intéressant et stimulant, dans le plus grand respect des choix de chacun.

★★★★☆

Extrait : « On se prend à rêver d’un monde où les choix des uns ne seraient pas perçus par les autres comme un affront ou une désapprobation de leur propre mode de vie. Un monde où la souffrance et les espoirs des uns seraient entendus et respectés, au lieu d’être déniés et minimisés car considérés comme impudiques. Un monde où chacun se sentirait libre de se raconter ou non, de se justifier ou non, et où peut-être on finirait par accepter que le « meilleur » choix reste celui qui a du sens à ce moment, pour ces parents, pour cet enfant, pour cette famille.
Si vous avez 35 ans, que vous n’avez pas d’enfants, dites-vous que d’autres sont dans votre cas. Que ni votre entourage ni le milieu médical ni la biologie ne sont à même de décider pour vous de l’urgence ni de la nécessité de procréer, pour autant que vous le souhaitiez. »

« Comment éviter de se fâcher avec la terre entière en devenant parent ? »
Béatrice Kammerer, Amandine Johais

Les belles vies

51kYxnrLisL._SX312_BO1,204,203,200_Résumé : Vasco et Djib sont inséparables depuis leur naissance. Turbulents, pas vraiment délinquants, ils cumulent les bêtises plus ou moins graves, les rires et les bleus. Vasco est en CFA BTP, Djib passe en première S. Leur dernière rixe est pourtant celle de trop… Afin de leur mettre du plomb dans la tête, leurs parents décident d’employer les grands moyens : ils envoient les deux ados dans la Nièvre, le temps d’un été chez un ami du père de Vasco, entrepreneur local qui propose ses services comme famille d’accueil pour la DDASS. C’est dans cette campagne éloignée de tout, France profonde dont on parle peu, qu’ils vont rencontrer et se confronter à une autre forme de jeunesse : celle des enfants élevés par celle que tous surnomment « Tata », une femme qui accueille des enfants placés et donne sa vie aux autres.

Avis : Peut-être aurais-je davantage apprécié « Les belles vies » si je l’avais lu un peu plus jeune. Néanmoins, ça reste un très bon livre young adult, parfois drôle, parfois rude, toujours bien écrit, et qui a le mérite d’évoquer certains thèmes peu abordés par le genre. Bref, une histoire qui sent bon le foin fraîchement fauché, les premières amours, les révoltes adolescentes et les souvenirs d’été, mais qui, de temps à autre, manque peut-être un peu de justesse.

 ★★★★☆

Extrait : « Vasco et Djib n’ont toujours pas compris comment ils se sont retrouvés là, devant le petit portillon couvert de fleurs de la dernière maison d’un lieu-dit perdu au milieu de la campagne. Ou plutôt, ils ont trop peur de comprendre… Et en réaction, ils restent figés face à la grande bâtisse parcourue de lierre, pendant que le père de Vasco fait son dernier rapport par téléphone à sa femme. »

« Les belles vies » – Benoît Minville

En attendant Bojangles

61MQm1LgmeL._SX336_BO1,204,203,200_Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Avis : (Audiobook) Que dire sur ce livre qui n’ait déjà été dit… C’est brillant, déjanté, tragique et enivrant. Et cette musique légère, la voix mélancolique de Nina Simone… Et cette plume, fantasque, drôle, et lumineuse… Une brève parenthèse flamboyante qui ne vous laissera pas indemne. Mais ça, normalement, vous le savez déjà !

★★★★★

Extrait : « -Pauline, où sont mes espadrilles ?
Et Maman répondait:
-A la poubelle, Georges ! C’est encore là qu’elles vous vont le mieux !
Et Maman lui lançait:
-Georges, n’oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin !
Et mon père répondait:
-Ne vous en faites pas, Hortense, j’ai toujours un double sur moi ! »

« En attendant Bojangles » – Olivier Bourdeaut

La dernière fugitive

410HyBbd-KL._SX302_BO1,204,203,200_Résumé : 1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s’embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. A l’éprouvante traversée s’ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu’à Faithwell, une petite bourgade de l’Ohio. C’est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire.

Avis : Où l’on apprend beaucoup sur les Quakers, les quilts et la condition des Noirs dans l’Amérique du XIXe siècle. Où l’on assiste à l’éclosion d’une jeune fille, auparavant timide et craintive, désormais valeureuse et déterminée. Où l’on découvre que la révolution peut être silencieuse, et qu’avoir le courage de ses convictions a un prix. Où l’on tremble, on s’indigne, on s’émeut en même temps que la douce Honor Bright. Où l’on retrouve avec grand plaisir la plume de Tracy Chevalier, qui signe ici un très beau portrait de femme(s).

★★★★☆

Extrait : « Elle était arrivée dans ce pays avec un principe clair, issu d’une vie entière passée à méditer dans l’attente silencieuse: tous les hommes étant égaux aux yeux de Dieu, il était donc anormal que certains soient asservi par d’autres. Tout système d’esclavage devait être aboli. La chose avait parut simple en Angleterre, et pourtant, dans l’Ohio, ce principe se trouvait écorné. Par des arguments économiques, par des situations personnelles, par des préjugés profondément enracinés qu’Honor décelait même chez les quakers… »

« La dernière fugitive » – Tracy Chevalier

Frangine

61dOyc7iovL._SX314_BO1,204,203,200_Résumé : « Il faut que je vous dise… J’aimerais annoncer que je suis le héros de cette histoire, mais ce serait faux. Je ne suis qu’un morceau du gâteau, même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de ma famille. Laquelle est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées. Tandis que ma frangine découvrait le monde le cruel le normal et la guerre, ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates. C’est à moi qu’il revient de conter nos quatre chemins. Comment comprendre, sinon ? »

Avis : J’avais eu un tel coup de cœur pour « Dans le désordre » qu’il me paraissait urgent de découvrir les précédents titres de Marion Brunet. Ce n’était peut-être pas une très bonne idée. On retrouve pourtant le style et le goût de l’auteure pour des sujets particulièrement d’actualité (ici, la famille homoparentale et le burn-out notamment). Mais à mon sens, « Frangine » est moins abouti que « Dans le désordre », plus en retenue, comme si cette fois, l’auteure ne se permettait pas d’aller au bout des problématiques. Les situations évoquées sont brutales, douloureuses; pourtant, là où on a la sensation que tout pourrait rapidement dégénérer, les personnages résolvent leurs soucis quasiment en un tour de main, parfois à la limite du vraisemblable. J’y croyais, au début, et puis, petit à petit, je n’y ai plus trop cru. Malgré tout, cette plume me parle, ces sujets me touchent. Peut-être ne me focaliserais-je désormais que sur les prochains romans de Marion Brunet.

★★★☆☆

Extrait : « Non, bien sûr, pas tous. Il y a toujours eu plein d’amis à la maison pour qui la situation était normale, et même particulièrement chouette. Mais parfois, un adulte, comme cette maîtresse, me faisait sentir de façon vague, floue, qu’une menace planait sur la maison. Comme si un jour, tout risquait de s’écrouler. Parce qu’on n’avait pas de père. Moi je trouvais ça étrange, vu que tout me semblait solide et rassurant à la maison. »

« Frangine » – Marion Brunet

Petits portraits de très grandes personnes

51gKzQpjfKL._SX332_BO1,204,203,200_Résumé : On aurait pu les appeler personnes âgées, mais ça aurait été réducteur. Papi ou Mamie n’ont pas toujours eu des cheveux blancs et des sourcils en broussaille, n’ont pas toujours eu besoin de déambulateurs ou de dentiers. Il fut un temps où ils ont couru, ri, joué, raconté des blagues, fait des galipettes, eu des peines de coeur, des frustrations, des peurs, de l’acné… Difficile d’imaginer la vie qu’ils ont menée. En lisant, vous en aurez une petite idée. Les textes sont courts, les photos sont trippantes, qu’est-ce que vous risquez ? D’avoir envie d’aller les voir ? D’aller leur taper la bise ? Ce serait nickel. Ils ont tellement besoin d’amour… 

Avis : C’est un petit livre tout simple, sans prétention, qui se lit aisément. C’est un petit livre de tranches de vie, qui fait du bien au cœur. On y apprend des choses (à l’époque, les hommes travaillaient à la ferme en échange d’un salaire, alors que les femmes, qui en faisaient tout autant, n’étaient absolument pas payées…!), on sourit, on est ému. Ça n’a l’air de rien, on survole ces histoires (trop) brièvement racontées, mais c’est doux et sucré. Pas de la grande littérature donc, mais un bon petit moment passé en compagnie de ces personnes âgées.

★★★★☆

Extrait : « C’est la première fois que j’allais écrire un texte à partir d’histoires réelles, j’avais un peu la pétoche. En entrant dans votre chambre, j’ai croisé votre regard, il m’a transpercée, vous avez commencé à parler, l’urgence était de vous écouter. »

« Petits portraits de très grandes personnes » – Barbara Constantine, Cecyl Gillet