L’enfant du lac

41qndVq4tHL._SX309_BO1,204,203,200_Résumé : 1933. Comment Theo Edevane, adorable poupon de onze mois, a-t-il pu disparaître durant la nuit de la Saint-Jean ? Les enquêteurs remuent ciel et terre, mais l’enfant demeure introuvable. Pour les parents comme pour les filles Edevane, la vie ne sera plus jamais la même après ce drame. La maison du lac, la propriété tant aimée, est fermée et laissée à l’abandon. Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune détective londonienne en vacances dans les Cornouailles, curieuse et momentanément désœuvrée, s’intéresse à cette mystérieuse disparition. Elle reprend l’enquête, au grand dam de l’une des sœurs aînées de Theo, Alice, devenue écrivain à succès. 

Avis : A l’instar des « Brumes de Riverton », j’ai lu ce livre d’une seule traite. Encore une fois, Kate Morton prouve qu’elle sait raconter des histoires, qu’elle maîtrise le suspens, les secrets de famille et les voyages à travers les époques. Mais hélas, si j’ai retrouvé ici toutes les qualités du premier titre lu, j’y ai également retrouvé ses défauts : deuxième partie un peu moins réussie, des révélations qui se devinent aisément et des maladresses de plus en plus fréquentes. Quant à la fin toute de sucre et de miel, je m’en serais volontiers passé ! Néanmoins, ça se lit facilement et ce n’est pas désagréable. Une bonne lecture d’été.

3/5

Extrait : « En guise de consolation, l’article était illustré de deux photographies que Sadie n’avait jamais vues. Une femme élégante, souriante, assise sous un arbre en compagnie de trois petites filles en robes blanches ; elle avait sur les genoux un exemplaire d’ »Eleanor sur le seuil magique ». Et la même femme, visage grave, traits tirés, tandis qu’un bel homme de haute stature la soutenait par la taille. Le couple était photographié dans la bibliothèque de Loanneth, dont Sadie reconnut le moindre détail. Rien n’avait changé, pas même le portrait encadré posé sur le bureau, près des portes-fenêtres. DES PARENTS DÉSESPÉRÉS ! clamait la légende, qui poursuivait : M. et Mme Anthony Edevane prient toutes les personnes qui pourraient fournir des informations sur leur jeune fils Theodore, onze mois, de se faire connaître. »

« L’enfant du lac » – Kate Morton

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Un été d’herbes sèches

41I3qBbwZXL._SX310_BO1,204,203,200_Résumé : Durant l’été 1970, un adolescent de quinze ans passe ses vacances dans la ferme d’un vieil oncle, perdue au fond d’une vallée. Kléber et sa femme Marie vivent encore pauvrement et à l’ancienne, dans une maison sans eau courante ni confort, et les terres sont exploitées avec un attelage de vaches et du matériel archaïque. Agée de cinquante ans, Marie en fait vingt de plus et souffre encore de n’avoir pas pu devenir mère. Kléber, lui, reste très marqué par sa captivité en Allemagne. Les fantômes de la guerre demeurent très présents, notamment parce que les voisins, de lointains cousins, ont été des collaborateurs et se sont enrichis au marché noir. Habitué à une vie plus facile, l’adolescent découvre cependant avec plaisir les travaux des champs. Il y a la beauté de ce paysage bosselé, sur lequel les hommes ont posé leur empreinte, la simplicité du mode de vie et la gentillesse de ce couple d’ordinaire solitaire.

Avis : Une lecture d’été, aux parfums de campagne, de travaux des champs et d’histoires familiales. Une immersion réussie dans l’âpreté du quotidien paysan. Un portrait tendre et touchant de ces hommes et de ces femmes, encore hantés par les douloureux souvenirs de la guerre. Un bon moment de lecture, sans être mémorable.

3,5/5

Extrait: « Certes, c’était un homme d’autrefois, en marge du progrès, mais les principes qui prévalaient à l’époque de sa jeunesse dans certaines familles paysannes en avaient décidé ainsi. Quoique cette situation le handicapât aujourd’hui, elle ne lui enlevait pas ses qualités humaines. En quelques semaines seulement, il était devenu le grand-père que j’aurais souhaité connaître, interroger, écouter, entourer d’affection. »

« Un été d’herbes sèches » – Daniel Crozes

L’Arabe du futur, tome 1 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)

51VdPRwzMjL._SX351_BO1,204,203,200_Résumé : Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Avis : J’avoue ne pas bien comprendre l’engouement que cette bande dessinée a suscité… Entre les propos xénophobes, misogynes et bourrés de préjugés du père, et l’absence totale de réaction de la mère, bon sang, j’ai dû à maintes reprises me faire violence pour poursuivre ma lecture. Quant aux rires que l’on m’avait promis, ils n’ont étaient que bien rares. Bref, ce premier volet ne me donne pas franchement envie de lire les suivants. Néanmoins, je dois dire que j’y ai appris pas mal de choses, notamment en matière de géopolitique. C’est toujours ça de pris !

2/5

Extrait :
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« L’Arabe du futur, tome 1 » – Riad Sattouf

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel

616rJpS3WmL._SX346_BO1,204,203,200_Résumé : Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui, il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’information divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Avis : Lorsqu’on lit un troisième tome, difficile d’éviter la comparaison avec les deux premiers. Et sincèrement, je trouve celui-ci vraiment à la hauteur du deuxième volet (le premier ne m’avait laissé qu’un souvenir assez mitigé). Certes, l’ambiance sur Babel est bien différente de celle de la Citacielle, mais la découverte de ce nouvel univers m’a vraiment embarquée. Et même si ce tome n’est pas dénué de défauts (parfois un peu trop « jeunesse » à mon goût), j’ai apprécié les retrouvailles avec l’écriture de Christelle Dabos, ses personnages et sa folle imagination.

4/5

Extrait : « Elle oublia l’appréhension, elle oublia la chaleur, elle oublia jusqu’à la raison de sa présence ici et, quand elle fut vide d’elle-même, elle posa les mains sur la botte de la statue. L’ombre du mémorial reflua comme une marée, tandis que le soleil faisait marche arrière dans le ciel. Le jour céda la place à la nuit, aujourd’hui devint hier et le temps explosa sous les doigts d’Ophélie. Ce n’étaient plus ses doigts à elle. C’étaient des centaines, des milliers d’autres doigts qui caressaient la botte de la statue, jour avant jour, année avant année, siècle avant siècle.
Pour porter chance.
Pour réussir.
Pour guérir.
Pour de rire.
Pour grandir.
Pour survivre.
Et soudain, alors qu’Ophélie se diluait dans cette foule de mains anonymes, elle retrouva ses mains à elle. Ou plutôt des mains qui étaient les siennes sans être les siennes. Et ce fut à travers des yeux qui étaient les siens sans être les siens qu’elle observa la statue. D’un métal brillant, le soldat brandissait fièrement son fusil sous les mimosas en fleur, sa tête emportée par l’obus qui avait détruit le porche de l’école derrière lui.
 » Il sera une fois, dans pas si longtemps, un monde qui vivra enfin en paix. » »

« La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel » – Christelle Dabos

Écojolie

51qtB2c390L._SX375_BO1,204,203,200_Résumé : Tignous, l’écologiste, homme libre comme l’air, citoyen planétaire, rigolait de tout par tous les temps, avec nous tous. Il disait que préserver la planète, c’est aussi intégrer l’art des relations humaines dans son quotidien. Ours blancs à la dérive, nucléaire, pollution, déforestation, ses dessins nous rappellent avec humour que l’écologie s’impose comme un art de vivre, une valeur à défendre pour un avenir plus respirable

Avis : Comment faire abstraction du 7 janvier 2015 ? Comment rester objective par rapport à l’auteur ? Comment se marrer d’un sujet aussi capital et pourtant si peu considéré ? J’avoue m’être posé pas mal de questions avant d’entamer cette lecture… et finalement : bien sûr que j’ai été émue (cette préface de Serge Orru…), mais bon sang, qu’est-ce que j’ai aussi souvent ri ! On retrouve avec plaisir ce qui fait le style Charlie (si vous êtes partisans de l’humour fin et délicat, passez votre chemin !), du graveleux qui pique, mais qui tape toujours juste.
Un grand merci donc aux Éditions du Chêne et à Babelio pour cette chouette lecture !

4,5/5

Extrait : 9782812316524_pg

« Écojolie » – Tignous 

Un clafoutis aux tomates cerises

liv-12267-un-clafoutis-aux-tomates-cerisesRésumé : Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine… 

Avis : Un gentil petit roman… mais pas que. J’ai d’ailleurs pas mal hésité avant de le classer dans la catégorie « feel good ». Parce que oui, c’est parfois drôle et léger (c’était d’ailleurs ce que laissait présager la mignonne couverture), mais la maladie, la vieillesse et la mort sont également des thèmes très présents. Et même s’ils sont à l’occasion abordés sur le ton de l’humour, ça n’est pas cotillons et confettis à chaque page, loin s’en faut. Néanmoins, ça reste un bon moment de lecture, une belle immersion dans ce que vieillir peut vouloir dire, sans mièvrerie.

3,5/5

Extrait : « C’est fou tout ce qui est apparu en près d’un siècle… Tant de choses m’échappent aujourd’hui ! C’est comme la fleur de sel, tiens (oui, je sais, ça n’a rien à voir mais ça m’échappe aussi), une manie de ma fille. Elle en achète, qu’elle range dans mon placard à condiments, près de la cuisinière. La dernière fois, elle a cherché partout son petit pot cartonné. Elle a fini par le trouver. Là où était écrit « fleur de sel », il y avait du sel fin. Elle a rouspété, bien sûr. J’avais recouvert sa fleur de sel de sel fin, je n’avais pas fait attention. Qu’est-ce que ça pouvait faire ? Je ne vois pas la différence, sauf que ça fait des petits grains très désagréables sous la dent, sur la langue. C’est une mode, ce truc-là. Comme les pamplemousses qu’elle veut toujours mélanger à des avocats et de l’huile d’olive. Je n’aime pas. C’est tellement bon tout seul, un pamplemousse ! »

« Un clafoutis aux tomates cerises » – Véronique de Bure

Mon petit jardin en permaculture

61kCaYQlJlL._SX258_BO1,204,203,200_Résumé : Comment récolter 300 kg de fruits et légumes dans 150 m² ? Joseph Chauffrey invite les lecteurs dans son jardin urbain. Il leur dévoile, pas à pas, comment transformer leur jardin en un lieu vivant et ultra-productif grâce à la permaculture. Il cultive un potager de 25 m² et un verger, et optimise les moindres espaces disponibles (sur le toit du garage, bottes de paille sur la terrasse, cultures verticales…). Il propose des solutions accessibles et rapides, visibles dès la première année. Plus qu’un témoignage, une véritable expérimentation, dans un but d’autosuffisance et selon une démarche scientifique.

Avis : Un chouette ouvrage, très agréable à lire et à regarder. On y trouve pas mal de petits conseils et de bonnes idées, certes sans trop entrer dans les détails, mais l’auteur nous renvoie régulièrement vers d’autres ouvrages plus spécialisés. En tout cas, ce livre m’a donné envie de jardiner, c’est donc pari gagné !

4/5

Extrait :

« Mon petit jardin en permaculture » – Joseph Chauffrey