Le cœur sauvage

51VhHjNGJML._SX338_BO1,204,203,200_Résumé :  » Je ne veux pas descendre à la rivière avec ma mère. Et pas non plus vivre à seize ans dans ce no man’s land aux forêts mi-résineuses mi-caduques du Nord-Est américain où nous sommes nées toutes les deux : soixante-cinq kilomètres carrés de routes et de rivières qui se croisent à angle droit, d’exploitations agricoles en faillite et de crêtes rocheuses. Peuplés de fantômes, d’animaux et de femmes seules.  » Bûcherons, fermiers, vieux hippies, jeunes artistes ou adolescentes rebelles, les personnages de ces nouvelles vivent à la frontière de la civilisation et du monde sauvage, dans des endroits reculés du Vermont. Tous cherchent à donner un sens à leur solitude et à leurs rêves, au cœur d’une nature à laquelle ils sont, souvent malgré eux, viscéralement liés. L’eau noire et glacée des lacs, l’odeur des champs en juin, la senteur de la résine, les forêts à perte de vue…

Avis : J’aime beaucoup lire des nouvelles. Mais hélas, rares sont les écrivains qui parviennent à maîtriser le genre. Et celui-ci ne fait malheureusement pas exception. Pourtant, le résumé me laissait penser que ce livre avait tout pour me plaire : l’Amérique profonde, des personnages atypiques, l’omniprésence des paysages, des morceaux de vie… Certaines nouvelles ont réussi à m’embarquer, mais je dois avouer que dans l’ensemble, elles m’ont plutôt laissé de marbre (la plupart du temps parce que je restais sur ma faim). Il ne s’agit donc pas un mauvais livre, mais j’y suis restée relativement hermétique…

3/5

Extrait : « -Il y a deux mondes auxquels je n’appartiendrai jamais, ai-je répliqué. Chez moi et ailleurs. »
Il a souri, cligné des yeux, totalement perplexe. »

« Le cœur sauvage » – Robin MacArthur

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Wild

41t+927ASiL._SX304_BO1,204,203,200_Résumé : Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le  » Chemin des crêtes du Pacifique « . Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même.

Avis : J’étais persuadée que ce livre me plairait, puisque en apparence, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un excellent moment de lecture. En apparence. Car en réalité, je suis restée sur le côté de la route. Tout y est succinct, on survole les rencontres, les paysages… pour ne s’attarder quasiment que sur les souvenirs et les pensées intimes de l’auteure. Le problème, c’est que je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour Cheryl (hormis dans les premières pages, qui, je dois bien le dire, m’ont littéralement bouleversée), pas le moindre intérêt pour sa personnalité, pour ce journal qu’elle rédige. Et plus j’avançais, moins j’avais envie de savoir ce que lui réservait la suite de ce périple. Bref, je n’ai pas été embarquée, et l’engouement autour de ce livre demeure pour moi un mystère…

★★☆☆☆

Extrait : « Je n’avais jamais été douée pour les maths. J’étais incapable de retenir chiffres et formules. Cette logique m’échappait complètement. Pour moi, le monde n’avait rien d’un graphique, d’une formule ou d’une équation. C’était une histoire. La plupart du temps, je me fondais sur les descriptions narratives de mon guide ; je les relisais plusieurs fois, les comparais à mes cartes, tentais d’analyser l’intention et la nuance cachée derrière chaque mot, chaque phrase. J’avais l’impression d’être un personnage dans un problème géant :  » Si Cheryl longe une arête vers le nord pendant une heure, à une vitesse de deux virgule quatre kilomètres-heure, puis se dirige vers l’ouest jusqu’à un col d’où elle distingue deux lacs oblongs à l’est, se tient-elle sur le flanc sud du Pic 7503 ? «  »

« Wild »- Cheryl Strayed

Le nom des étoiles

9782351781104_1_75Résumé : Confortablement installé avec les siens à Great Falls, une ville paisible du Montana, Pete Fromm a depuis longtemps troqué sa tenue de ranger contre celle de père de famille. Il pensait que ses expériences dans les espaces sauvages des Etats-Unis appartenaient définitivement au passé. Jusqu’à ce qu’on lui propose de s’installer un mois au cœur de la Bob Marshall Wilderness afin de surveiller la croissance d’œufs de poissons. Comment refuser pareille occasion de renouer avec ces grands espaces qui font partie intégrante de son être ? Plus de vingt ans après son séjour à Indian Creek, voici donc Pete Fromm au seuil d’une nouvelle aventure en solitaire.

Avis : C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé la plume de Pete Fromm ! Et m’évader à ses côtés dans la beauté sauvage des grands espaces américains me réjouit toujours autant. Cependant, je regrette les nombreuses analepses, et aurais davantage préféré partager le quotidien au sein de la Bob Marshall Wilderness (les anecdotes du passé ne sont pas inintéressantes, loin s’en faut, mais elles auraient peut-être pu constituer un livre à elles-seules).

★★★☆☆

Extrait : « Dehors en plein vent, la pluie s’engouffre sous le bord du toit, me pique les joues, ruisselle dans le haut de ma barbe tandis que je contourne la cabane, soulève chacun des volets conçus pour résister aux ours, malmène les hayons. La routine. Je m’engage ensuite sur le chemin boueux, par-dessus le monticule et parmi les arbres, vers l’ouverture du brûlis, le virage qui descend vers la North Fork, le bras nord de la Sun River. Marchant d’un pas laborieux, je me réchauffe un peu et je regarde les gouttes d’eau glisser sur mes bottes que j’ai graissées hier soir, je regarde ma canne piqueter la boue, la cloche de vache que j’ai attachée à son sommet quasi silencieuse tant j’avance lentement. C’est le genre de temps qui vous oblige à rester tête baissée sous votre capuche, et je ne vois pas beaucoup plus loin que le chemin sous mes pieds, jusqu’au moment où je me mets à suivre les traces des ours qui se sont promenés cette nuit : cela me rappelle que je dois garder les yeux en l’air, rabattre derrière mes oreilles la capuche qui me rend sourd et commencer à faire du bruit. »

« Le nom des étoiles » – Pete Fromm