Les bottes de Clint Eastwood

51lea4eh-tl-_sx339_bo1204203200_Résumé : Didi, c’est pas le genre de femme à s’embarrasser de principes. Ce qui l’ennuie, ce n’est pas de tromper son mari, c’est de devoir chercher son plaisir. Comme si quelqu’un s’amusait systématiquement à le planquer. Et à vous de le trouver ! Mais quand ledit mari meurt subitement, cela l’affecte plus qu’elle n’aurait cru. Son David, artiste bottier de son état et si piètre amant qu’elle n’en avait que plus d’appétit pour les autres, lui manque soudain cruellement. Les copines l’ennuient, les autres hommes n’ont plus le même goût… et la belle-mère a perdu les pédales au point de lui demander conseil sur sa propre vie sexuelle. Alors, Didi jette dans le coffre de sa voiture les bottes que David avait façonnées pour Clint Eastwood, bien décidée à trouver où habite la star et à les lui enfiler. Car depuis la mort de David, quelque chose a cessé de briller dans les yeux de Didi. Quelque chose qu’elle-même ignorait être là.

Avis : (Je remercie le site Babelio et les éditions Le Passage pour m’avoir envoyé ce livre dans le cadre de l’opération Masse Critique) J’ai mis du temps avant de m’habituer à cette écriture, à ce style « parler ». Comme j’ai mis du temps avant de m’adapter à Didi, nénette pas franchement sympa, complètement nympho (euh…cette scène du coton-tige, on en parle ou bien ?), relativement pathétique, loin d’être une flèche, mais parfois, pas si con que ça. C’est d’ailleurs ce qui m’a empêché de lâcher ce livre, ces quelques fulgurances d’esprit qui nuancent un peu la méchanceté et la bêtise crasse de ce personnage. Mais ça n’aura hélas duré qu’un temps. Quant au road-trip, à l’humour déjanté et aux fameuses bottes de Clint Eastwood qu’on nous promet, là encore, il aura fallu du temps, beaucoup de temps avant qu’ils ne fassent enfin leur apparition dans cette histoire (soit, à 40 pages de la fin…) Bref, après cette lecture, ne me reste que la désagréable sensation d’avoir perdu le mien, de temps.

★☆☆☆☆

Extrait : « Pour attendre, on boit le café et je lui fais remarquer qu’il a un peu de colle sur le devant de son pantalon.
– Oh, vous avez un peu de…
Avec l’ongle, je la prélève, sans trop appuyer, on ne se connaît pas assez.
– C’est juste de la colle, il se défend, c’est rien, c’est rien.
Ça me fait comme une motte de vernis à ongles sur l’ongle. De la gelée.
– Ça a quel goût ?
– Ça n’a pas de goût, il me répond, c’est de la colle !
J’y colle le bout de ma langue, avec la pointe je pousse un peu de l’avant, du bas vers le haut, je titille cette motte qui se trémousse sous mes coups de langue, ça n’a pas vraiment de goût, farineux peut-être.
– Goûtez, je lui dis.
Il hésite, je lui tends mon doigt.
– Pour me faire plaisir, j’insiste.
J’en connais qui auraient commencé par me bouffer l’ongle, puis le doigt, puis la main et le bras sans recracher ni un os ni un poil (on a beau dire et beau faire, on a des poils) jusqu’à atteindre leur but et me bouffer tout entière, et en général, ceux-là ils en redemandent. Lui, il a tendu deux doigts, il a saisi la goutte de colle entre ses deux doigts, la pinçant avec autant de délicatesse qu’on pincerait un nuage, et l’a portée à ses lèvres.
– C’est pas très bon, il a dit.
Mais j’en avais pas fini avec lui. »

« Les bottes de Clint Eastwood » – Jean-Louis Milesi

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