Chroniques de la zone libre

41fhjk7nnel-_sx373_bo1204203200_Résumé : « On s’est promis que ça n’aurait pas de fin, qu’on ouvrirait des lieux en veux-tu en voilà, qu’on s’y retrouverait toujours, qu’on y rassemblerait, avec d’autres naufragés du béton, les plus fiers équipages de pirates. (…) Dans les ministères de la parole publique, on refuse de comprendre ce qui se joue durant ces nuits. On reprend, pour la répandre une fois encore, l’image indécrottable et bien commode du casseur opportuniste. » C’est dans la nébuleuse autonome que se recrute une partie des activistes contre les grands projets inutiles ou contre la loi Travail. Ce livre aurait pu s’appeler « Dans la tête d’un zadiste ». Il témoigne de la résolution et de l’imaginaire d’une génération qui a choisi les marges pour tenter de réinventer un monde à la hauteur de ses exigences. Il permet de saisir un peu de la représentation du monde de cette jeunesse en lutte radicale contre la société néolibérale. On y trouvera un peu de ce que Cosma Salé a appris : à respirer et à sentir, à créer et à bâtir contre l’ennui. De la zad de Notre-Dame-des-Landes ou du Testet à la cuisine d’une maison occupée, d’une cabane dans les bois au tissu urbain des squats, on y éprouvera peut-être un peu de la fièvre et de l’enthousiasme, de la magie et de l’exil de sa génération.

Avis : Voici un livre qui se lit lentement, qui se savoure. Parce que la pensée et les mots sont beaux. Voici un livre comme une invitation à la réflexion, à l’éveil des consciences, au passage à l’acte, à la désobéissance. Voici un livre qui parfois m’a intimidée. Parce que je ne m’attendais pas à y trouver tant de poésie, parce que j’ignorais à quel point il résonnerait en moi, et combien il soulèverait de questions. Voici un livre qui donne l’espoir et l’envie. Et qui réveille ce que l’on a pu enfouir. Voici un livre que je termine le jour où, à Sivens, on rend hommage à Rémi Fraisse. Je ne crois plus au hasard.
Merci Babelio, Le Passager clandestin et Cosma Salé pour ce beau partage.

★★★★☆

Extrait : « La perspective de l’effondrement, c’est notre poétique du combat, c’est notre vision d’un au-delà de la catastrophe. L’effondrement, ce n’est plus la tristesse du ciel voilé par les brumes de l’industrie, le tourment des sols rongés par les pluies acides,< la superfluité de l’homme et les disciplines du capital. L’effondrement, c’est la joie des banques caduques et dévastées, le temps libre d’être vécu, la forêt parmi les villes, la société des tribus et des savoir-vivre. L’effondrement est la seule aventure qu’il nous reste à vivre. »

« Chroniques de la zone libre » – Cosma Salé

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